Le sujet est une préoccupation grandissante des étudiants ingénieurs et certaines écoles s’en emparent. Le Groupe INSA, qui forme chaque année près de 17 000 élèves ingénieurs aux quatre coins de la France et au Maroc, a annoncé le 8 septembre s'associer au laboratoire d'idées The Shift Project pour mieux intégrer la problématique climat-énergie dans l’ensemble de ses enseignements. Un plan ambitieux qui fait suite à une démarche prospective de l'école, dont les conclusions affirmaient notamment sa volonté de mieux enseigner les enjeux écologiques et climatiques.
Fondé en 2010 à l’initiative d’un groupe d’experts, en particulier de son actuel président, l’ingénieur Jean-Marc Jancovici, The Shift Project poursuit depuis un objectif : influencer les politiques publiques française et européenne en faveur de la décarbonation de l’économie par une réduction des consommations énergétiques et le remplacement des énergies émettrices de gaz à effet de serre. Son principal moyen d'action ? La publication de rapports fouillés.
Peu de cours obligatoires sur les enjeux climatiques
En mars 2019, l’un d’entre eux révélait que seules 26 % des écoles d’ingénieurs dispensaient un cours obligatoire abordant les enjeux climatiques et énergétiques. "Ce travail a servi de point de départ, puisque l’INSA Lyon nous a ensuite contactés pour savoir comment on pourrait travailler ensemble”, se rappelle Clémence Vorreux, initiatrice et coordinatrice du projet pour The Shift Project. Le plan qui en découle aujourd’hui vise à intégrer les enjeux climatiques dans le tronc commun et les spécialités des enseignements du groupe INSA.
En septembre a débuté une première phase d’analyse de la place des questions climatiques dans ces cours. Un chef de projet et deux chargés de projet du Shift Project y prennent part, accompagnés par l'INSA. “Nous avons voulu impliquer dans cet état des lieux les enseignants responsables de filières et 15 étudiants des campus, qui réalisent de stages spécialement dédiés”, précise le président du groupe Bertrand Raquet.
Premiers résultats concrets dès la prochaine rentrée
Cette cartographie doit aboutir à l’élaboration d’un nouveau cursus de formation sur 5 ans, dont les premières transformations seront effectives dès la rentrée 2021. “Nous voulons aller plus loin dans notre dimension éthique, répondre à la quête de sens des étudiants et construire un catalogue de compétences sur les enjeux climatiques”, liste Bertrand Raquet.
Du côté du Shift Project, on réfute un éventuel rôle de cabinet de conseil. “Nous percevons ça comme une étude que nous pourrons ensuite présenter à d’autres d’écoles et organisations comme la Conférence des grandes écoles ou la Conférence des présidents d'université”, indique Clémence Vorreux. Pour le volet financier, la contribution au travail de 18 mois du Shift Project est assurée par la fondation INSA et le groupe lui-même, qui n’a pas souhaité communiquer sur les montants engagés.



