Vendu officiellement ce mardi 1er février par Véolia à un consortium d’investisseurs, le « nouveau Suez » vient de poser à Lescar (Pyrénées-Atlantiques), près de Pau, la première pierre d’une usine de méthanisation qui a la particularité de ne pas émettre de CO2.
C’est l’agglomération de Pau qui s’apprête à investir 33 millions d’euros dans l'équipement, et Suez qui en sera l'exploitant par un contrat global de 48,5 millions d’euros sur 15 ans. L’innovation de cette usine réside dans le fait qu’elle va méthaniser les boues (autrefois incinérées) pour produire du biogaz sans rejet de CO2. « C’est un virage sans précédent dont nous sommes extrêmement fiers, assure Maximilien Pellegrini, directeur général adjoint du groupe Suez. Cette usine va devenir un centre de ressources pour le territoire. Au-delà de la méthanisation, nous allons capter le CO2 et le mélanger à l’hydrogène pour produire encore plus de biogaz, c’est la méthanation. Une méthanisation est en moyenne capable de fournir du biogaz pour 800 foyers. Là, ce sont 1200 foyers qui vont bénéficier de l’équivalent énergétique.» L’hydrogène nécessaire à la méthanation sera produit sur place, grâce à une électricité fournie par un parc photovoltaïque qui sera également construit prochainement, sur un ancien site d’enfouissement.
Possible rentabilité
Autre procédé en vigueur dans la future usine, la carbonisation hydrothermale, «qui va chauffer les boues pour les pressurer afin de produire ce que l’on appelle du biochar, combustible énergétique prometteur en termes d’usage agricole notamment», ajoute Maximilien Pellegrini. Il peut aussi servir de combustible valorisé dans les réseaux de chaleur.

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Pour l’agglomération de Pau qui a financé l'investissement, l’opération s’annonce difficilement rentable d’un point de vue financier. «Mais il faut réfléchir en termes de carbone économisé», reprend Maximilien Pellegrini. Sur le site, la méthanation permettrait de ne pas émettre 2300 tonnes de CO2 par an. «À moyen et long terme, il y a un modèle économique puisqu’on viendra certainement à fixer un prix du carbone ; au-delà de 100 euros la tonne, la production ici sera compétitive», anticipe le directeur général adjoint du groupe Suez.
Pour l’entreprise, une telle installation revêt une importance particulière, «d’abord parce qu’elle s’inscrit dans une tradition d’innovation vieille de 150 ans, ensuite parce qu’elle prouve qu’en ces temps difficiles, les clients nous font toujours confiance, en dépit de l’OPA », conclut Maximilien Pellegrini. L’usine devrait sortir de terre d’ici un an, puis commencer à produire au printemps 2023, avant d’être totalement opérationnelle en septembre de la même année.



