En septembre 2020, Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, a été clair. Le plan hydrogène français de 7 milliards d’euros, porté à 9 milliards un an plus tard, vise à développer une filière industrielle de la production d’hydrogène bas carbone en France. Cette enveloppe servira avant tout à développer la filière électrolyseur, en finançant des gigafactories pour les produire, mais aussi pour les utiliser à des fins de production massive. L'hydrogène bas carbone ainsi obtenu sera destiné principalement à des usages industriels et pour la mobilité lourde.
En dix-huit mois, les projets d’usines d’électrolyseurs sont sortis des cartons. Plusieurs gigafactories d’électrolyseurs sont déjà en chantier en France. John Cockerill va en inaugurer une pour des électrolyseurs alcalins à Aspach (Haut-Rhin) en 2022. La coentreprise du CEA et Schlumberger, Genvia, annonce la sienne à Béziers (Hérault) pour 2023 avec une technologie oxyde solide. Celle de McPHy (alcalin) est attendue à Belfort en 2024, et celle de la filiale de GTT Elogen, ex ARevaH2gen, à Vendôme (Loir-et-Cher) en 2025 aussi pour du PEM (membrane à échange de protons). Sans oublier la gigafactory d’électrolyseurs PEM de Siemens Energy annoncé pour 2023 en Allemagne.
6,5 GW d'électrolyseurs à produire d'ici à 2030
Le marché est colossal. Avec les plans hydrogène annoncés en Europe, la puissance cumulée des électrolyseurs à fabriquer et à raccorder au réseau électrique avoisinera 6,5 gigawatts (GW) en 2030, puis 18 GW en 2040 et 28 GW en 2050, a calculé le Gimélec, le groupement des entreprises de la filière électronumérique en France, qui regroupe 200 entreprises générant 15 milliards d’euros et employant 67 000 personnes dans le pays.
Pour ses membres, les retombées économiques de l'hydrogène vert en France sont chiffrées à 10 milliards d’euros d’ici à 2030, puis de 20 milliards supplémentaires pour la période 2030 à 2040, principalement pour la filière des fabricants de matériels électronumériques (des transformateurs aux systèmes de contrôle commande). Les retombées sont estimées à environ 2 milliards d'euros par MW installé. Reste à savoir en profiter.

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« Oui, nous identifions un potentiel en forte croissance atteignant, dès 2030, 3 milliards d’euros par an de retombées économiques pour les fabricants de matériel électrique en France. Oui, il y aura des recrutements massifs, en particulier dans les territoires où se concentreront les efforts de développement de l’hydrogène, en Méditerranée et dans la Vallée de la Seine, mais aussi partout sur le territoire national et européen, notamment dans les usines de composants électrotechniques qui sont à la base de ces nouvelles infrastructures énergétiques. Mais il faut pour cela que tout l’écosystème industriel travaille de concert », prévient Rodolphe de Beaufort, délégué général adjoint du Gimélec, dans un communiqué.
Pour croître sur ce marché, les industriels vont devoir développer une forte coordination sur des aspects tels que la standardisation des architectures et des produits, l’analyse du marché et les besoins d’investissements de la filière. Essentiel pour ne pas se faire doubler par des concurrents étrangers, comme ceux qui pointent leur nez en Chine.



