Analyse

L'hydrogène, un nouveau front de collaboration franco-allemande

Si la France veut produire de l'hydrogène décarboné avec des électrolyseurs français, elle veut compter aussi sur une collaboration avec l'Allemagne pour développer sa nouvelle filière industrielle. 

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hydrogene molecule
Dès le 10 septembre, le Ministre de l'économie et des finances français, Bruno Le Maire, rencontrait ses homologues allemands pour parler de coopération sur l'hydrogène.

Bruno Le Maire a affiché une grande ambition lors du lancement de la stratégie nationale de l’hydrogène décarboné : "Nous aidons [les entreprises] à hauteur de 7 milliards d’euros pour être les meilleurs en Europe avec l’Allemagne sur la production d’hydrogène." Le ministre de l’Économie et des Finances s’est engagé à vite faire avancer ce nouveau dossier de coopération avec notre voisin.

Le modèle affiché est celui de l’Alliance européenne des batteries, qui vise à réduire la dépendance du Vieux Continent aux fournisseurs asiatiques et sa concrétisation avec la construction d’usines de part et d’autre du Rhin par le français Saft, filiale de Total, et le constructeur allemand Opel, filiale de PSA.

Les batteries Saft-OPEL comme modèle

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Pour l’hydrogène, le contexte est différent. Il ne s’agit pas de relocaliser des productions concentrées en Asie, mais de créer une nouvelle filière industrielle. En présentant son plan hydrogène de 9 milliards d’euros, en juin, l’Allemagne a elle aussi affiché son ambition de devenir en dix ans le leader mondial des technologies et de la production d’hydrogène vert. Pour y parvenir, elle consacrera 7 milliards à l’outil industriel et à la production d’hydrogène vert, mais aussi au développement des marchés de masse qui permettent de passer à de grandes séries et de gros volumes, comme l’automobile.

Collaboration ou coopétition ?

L’Allemagne a aussi prévu 2 milliards pour les coopérations internationales ouvrant autant de marchés à ses fabricants d’électrolyseurs. Or c’est bien aussi une "une filière française de l’électrolyse" que le gouvernement veut voir émerger en priorité avec sa stratégie à 7 milliards d’euros. 

La Commission européenne a anticipé cette concurrence. Sa stratégie hydrogène, annoncée le 8 juillet, vise à installer 40 GW de capacités de production d’ici à 2030. Elle a aussi créé une Alliance européenne pour un hydrogène propre. Parmi les dix-huit premiers industriels l’ayant rejointe se trouvent EDF, actionnaire de McPhy, Siemens, Michelin et Bosch. Reste à les faire s’entendre pour développer les "gigafactories d’électrolyseurs" annoncées côté français.

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