Le projet de mega-usine de production de batteries pour véhicules électriques mené de concert par PSA et Total, via sa filiale Saft, se concrétise. Le partenariat entre les deux groupes, annoncé en janvier 2020, a bouclé une nouvelle étape avec la création de la co-entreprise ACC (Automotive Cells Compagny), l'entité qui gérera la future usine, ce jeudi 3 septembre.
C’est Yann Vincent, ex-Monsieur Industrie et chaîne logistique de PSA, qui en est le directeur général et Ghislain Lescuye, le président du conseil d’administration.
Partagée entre les deux groupes à 50/50 en phase pilote, ACC va commencer par des travaux de R&D visant à mettre au point "de nouvelles technologies de cellules lithium-ion de haute-performance" sur deux sites (un centre de R&D à Bordeaux, en Gironde, et un site pilote à Nersac, en Charente-Maritime). A l'issue de cette phase, la production en série pourra débuter dans deux gigafactories, l'une à Douvrin (Hauts-de-France) et l'autre à Kaiserslautern (Allemagne), à l'horizon 2023-2024.
Un géant des batteries pour le marché européen
Selon les prévisions des deux groupes, le marché européen des véhicules électriques devrait avoir besoin de 400 GWh à l'horizon 2030, soit 15 fois la production actuelle. Dans ces conditions, Total et PSA prévoient un démarrage de la production des batteries en 2023, avec une puissance initiale de 8 GWh. Avant de monter en cadence, "pour atteindre 48 GWh sur l'ensemble des deux sites", d'ici 2030, "permettant de couvrir les besoins d'un million de véhicules par an, soit 10% du marché européen."
La France, l'Allemagne et l'Union européenne apportent 1,3 milliard d'euros
Lors de l'inauguration du site pilote de Nersac, le 31 janvier dernier, à laquelle assistait Emmanuel Macron, le PDG de Total, Patrick Pouyanné, avait annoncé que le projet nécessiterait 5 milliards d'euros. Parmi les bailleurs, le dirigeant avait cité les gouvernements allemand et français, ainsi que l'Union européenne, pour un montant total de 1,3 milliard d'euros.
Dix jours plus tard, le 10 février, la Commission européenne validait officiellement le projet de co-entreprise présenté par Total et PSA et l'inscrivait dans son accord-cadre sur les initiatives continentales visant à relever le défi de la domination asiatique sur ce secteur stratégique, lui offrant la possibilité de bénéficier d'aides publiques.
Renault au capital
A l'issue de la visite de l'usine de l'équipementier Valeo à Etaples (Pas-de-Calais), le 26 mai dernier, Emmanuel Macron annonçait l'entrée de Renault au capital de la future ACC. "Renault a acté ce matin sa décision de rejoindre le programme européen de batteries électriques", avait déclaré le chef de l'Etat. Or finalement Renault ne semble pas faire partie de l'aventure.
Un autre projet de gigafactory soutenue par Schneider Electric
Preuve que le marché est prometteur, une deuxième gigafactory dédiée aux batteries pourrait voir le jour en France dans les prochaines années. Le projet, annoncé le 10 août dernier, est mené par Verkor, une jeune pousse d'une dizaine d'employés fondée en juillet 2020, et a reçu le soutien de Schneider Electric. Verkor, qui bénéficie d'un investissement initial de 1,6 milliard d'euros, cherche actuellement un terrain de 200 hectares pour implanter son usine. La construction devrait débuter en 2023, "avec une capacité initiale de batteries de 16 GWh allant jusqu’à 50 GWh en fonction de la dynamique future du marché", confiait en août dernier le fondateur de Verkor, Benoit Lemaignan, à L'Usine Nouvelle.



