Ecocombust, le projet visant à reconvertir la centrale charbon EDF de Cordemais (Loire-Atlantique), se voit offrir une seconde chance. EDF et Suez, son partenaire industriel sur l’opération, avaient renoncé en juillet 2021 à cet investissement visant à transformer la centrale à charbon en usine à pellets. Ce combustible issu de déchets de bois serait produit sur place via un procédé innovant, fruit de cinq ans de R&D. L’investissement, alors estimé à 135 millions d’euros, s’annonçait trop lourd et sans assurance de rentabilité à en croire EDF. La CGT du groupe n’a en revanche jamais cessé de défendre Ecocombust avec force.
80 000 tonnes à minima
Mi-février, Barbara Pompili la ministre de la Transition écologique, a relancé le projet via le lancement d’un AMI (Appel à manifestation d'intérêt) qui sera instruit par l’Ademe. « Nous visons des projets de 80 000 tonnes de granulés par an réalisables rapidement», déclarait alors la ministre.
Deux pistes

- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
- 2.2337+2.05
3 Avril 2026
Gazole France TTC€/litre
- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
Les pellets, s’ils étaient produits à Cordemais, auraient vocation à être commercialisés et, éventuellement incorporés dans un mix pellets-charbon dans la centrale. Parmi les pistes qui se font jour, l’une met en scène la société Européenne de biomasse, producteur de black pellets, qui se dit prêt à en livrer 80 000 tonnes à Cordemais dès l’hiver 2022-2023 pour amorcer la pompe, l’autre fait intervenir le groupe Paprec, spécialisé dans le recyclage des déchets, intéressé par la construction d’une usine de black pellets à Cordemais aux côtés d’EDF. Les dossiers de l’AMI doivent être remis au plus tard le 26 avril à midi.
Faire vite
« Nous sommes dans un sprint », mentionne Gwenaël Plagne, de la CGT. « Mais les choses peuvent aller vite, car le dossier est bien avancé, le permis de construire notamment est déposé » ajoute-t-il. Selon ce responsable syndical, deux à trois ans seraient nécessaires pour mettre en place l’usine.
Sans Ecocombust, le destin promis à la centrale de Cordemais est une fermeture au plus tard en 2026. Le site emploie à ce jour 330 agents EDF et 150 fournisseurs et sous-traitants in situ. Selon la CGT, le projet pourrait permettre le maintien de 80 à 100 emplois dans sa configuration basse et davantage si la production monte en puissance.
La question de la rentabilité
Si la hausse des prix des énergies fossiles plaide en faveur du projet, la question de la rentabilité reste en suspens. C’est pour cette raison, essentiellement, que le projet avait été abandonné l’été dernier. Le modèle économique doit être envisagé à 15 à 20 ans, durée de vie théorique de la future éventuelle unité conçue pour produire 160 000 tonnes par an de pellets, correspondant à 250 000 tonnes de matières entrantes, combustible fabriqué à partir de bois déchets (type B) et de résidus ligneux. Au printemps 2021, EDF souhaitait 55 millions d’euros de subventions publiques pour franchir le pas.
Le projet devra enfin tenir compte des réserves émises par le CGEDD (Conseil général de l’environnement et du développement durable), l’autorité environnementale. En 2020, celle-ci faisait part de ses doutes, notamment sur l'empreinte carbone du transport par camion de déchets bois collectés dans un rayon moyen de 130 kilomètres.



