Européenne de biomasse, une société d’ingénierie basée à Paris, a annoncé vendredi 19 juin son intention d’investir entre 50 et 90 millions d’euros à Fessenheim (Haut-Rhin) dans une usine de granules de bois à haut pouvoir calorifique ou "black pellets". Le projet prendrait pied sur la future zone d’activité EcoRhéna dont les 200 hectares au bord du Rhin doivent compenser les pertes d’emplois liées à l’arrêt de la centrale nucléaire.
350 à 700 emplois générés
Jean-Baptiste Marin, le PDG d’Européenne de biomasse, explique "avoir engagé des études en vue de construire à Fessenheim une unité de production d’une capacité de 125 000 à 250 000 pellets par an. Afin de mener à bien ce projet, nous nous associerons à des investisseurs, comme nous avons pu le faire dans la Marne".
Si les études aboutissent, la mise en service du site est prévue à l'horizon 2023-2024. En fonction de la taille de l'usine, le projet permettrait de créer 350 à 700 emplois pérennes et 200 à 300 emplois durant la construction.
Vapocraquage du bois
Européenne de biomasse mettra en service en septembre 2020 à Pomacle-Bazancourt (Marne) une unité capable de produire 130 000 tonnes de "black pellets" à partir de résidus forestiers. 110 millions d’euros y ont été injectés et 40 emplois directs créés par la PME française et ses partenaires, le fonds Meridiam et la Banque des territoires. Ces derniers se sont associés au sein d’une société dédiée, FICA HPCI, en vue d’assurer la maîtrise d’ouvrage, la gestion et l’exploitation des installations. Meridiam détient 80,5 % des parts, la Banque des territoires 14,5 % et Européenne de biomasse 5 %.
En alternative aux énergies fossiles, ces "black pellets" peuvent représenter une énergie de chauffage pour l'industrie, les réseaux de chaleur, les logements collectifs ou encore les infrastructures publiques. La technologie repose sur le vapocraquage du bois, qui permet d’obtenir sous haute température et forte pression, un granule bois de couleur noire "dont le potentiel énergétique est supérieur de 40 % à un pellet classique", assure Jean-Baptiste Marin. A Pomacle-Bazancourt, les énergies électrique et thermique nécessaires aux procédés sont fournies par une centrale de cogénération biomasse dont la mise en service interviendra cet été. Une telle unité ne devrait pas être associée au projet alsacien, précise l’entreprise.



