EDF va devoir préciser sa copie. C’est l’avis rendu par l’Autorité environnementale sur le projet Ecocombust qui doit permettre de reconvertir la centrale à charbon d’EDF à Cordemais (Loire-Atlantique). Dans un document daté du 23 septembre, l’instance souligne de “nombreuses incertitudes”.
La centrale thermique doit arrêter ses activités en 2024 ou 2026 au plus tard. Pour préserver l’avenir du site et ses quelques 400 salariés, EDF expérimente une conversion à la biomasse. Baptisé Ecocombust, ce projet se traduirait par la création d’une unité de production d’un combustible alternatif au charbon : les “black pellets” composés de déchets de bois provenant entre autres de l’ameublement et du bâtiment. La centrale reconvertie utiliserait 80 % de black pellets et 20 % de charbon entre 2022 et 2026 avant d’arrêter sa production électrique pour se concentrer sur la commercialisation des pellets.
Un dossier “peu disert” sur les débouchés de l’usine après 2026
Saisie par la préfecture de Loire-Atlantique, l’Autorité environnementale s’est penchée sur ce dossier. Si le projet industriel est ambitieux, “le caractère encore en développement du procédé retenu pour la fabrication de pellets génère cependant beaucoup d’incertitudes”, estime de son côté l’autorité dans un avis de 32 pages.

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L’une des principales interrogations de l’Autorité environnementale est sans doute partagée par les salariés d’EDF : que deviendra le site après 2026 ? “Au-delà de 2026, la production électrique serait arrêtée et seule fonctionnerait l’usine de pellets. Or, le dossier est peu disert sur le fonctionnement de l’usine de pellets et ses débouchés à partir de 2026”, reproche l’instance dans son avis.
Quel impact sur l’environnement ?
Dans ses recommandations, l’Autorité environnementale (Ae) demande surtout des précisions sur l’impact environnemental du projet. “Après 2026, l’usine de pellets pourrait rejeter certaines substances en plus grande quantité que les rejets actuels de la centrale. Même si les flux respecteront selon le dossier les valeurs réglementaires, l’Ae s’interroge sur l’impact de ces apports additionnels sur les milieux et les espèces vivantes”, peut-on lire dans l’avis.
L’autorité recommande par exemple “une meilleure quantification des émissions de gaz à effet de serre”, “une description plus complète des produits contenus dans les déchets de bois ou issus de leur transformation susceptibles d’être à l’origine de pollutions” ou encore “une analyse plus complète des impacts et des risques liés aux rejets en milieux aquatiques”. Pour l’instant, le site de Cordemais appartient à la catégorie des installations Seveso seuil bas.
Les avis émis par l’Autorité environnementale se limitent à un caractère consultatif. L’instance estime tout de même que ses textes peuvent peser auprès des maîtres d’ouvrage et des autorités chargées de valider le projet. Reste à savoir si EDF prendra effectivement en compte ces remarques pour modifier ou non son idée.



