L’Autorité de sûreté nucléaire suspend ses inspections dans les hôpitaux

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) adapte son mode de fonctionnement face à l'épidémie de coronavirus Covid-19. Elle a notamment annoncé mardi 17 mars la suspension de ses contrôles dans les établissements médicaux.

Réservé aux abonnés
Analyse à rayons X
Dans les hôpitaux français, les rayonnements ionisants sont utilisés pour des solutions de diagnostic (radiologie) ou même pour des traitements.

Les mesures de confinement n’épargnent pas le secteur de l’énergie. Depuis l’intervention d’Emmanuel Macron, lundi 16 mars, les entreprises se succèdent pour annoncer des plans de continuité d’activité. Au lendemain de l’allocution présidentielle, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a révélé son nouveau mode de fonctionnement face à l’épidémie de coronavirus Covid-19. 

L’une des plus importantes mesures annoncées : la suspension des contrôles dans les hôpitaux français. “Afin de permettre aux professionnels de santé de se concentrer sur la réponse sanitaire à l’épidémie, l’ASN suspend jusqu’à nouvel ordre ses inspections dans les établissements médicaux qui pratiquent des activités nucléaires, sauf exception”, justifie l’Autorité. Cette dernière précise que son dispositif d’astreinte reste mobilisable en cas d’urgence.

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

Pourquoi l’ASN intervient-elle dans les hôpitaux ? 

L’ASN est surtout connue pour ses contrôles des centrales nucléaires. Mais elle intervient également dans le domaine de la santé. Dans les hôpitaux français, les rayonnements ionisants sont utilisés pour des solutions de diagnostic (radiologie) ou même pour des traitements. La radiothérapie permet par exemple de traiter des tumeurs cancéreuses. 

Ces techniques “représentent [...] la deuxième source d’exposition pour la population (après l’exposition aux rayonnements naturels) et la première source d’origine artificielle”, explique sur son site l’ASN. Dans ce cadre, les installations et les matériels médicaux qui émettent des rayonnements ionisants sont aussi soumis à des règles techniques et certaines procédures. 

L’ASN maintient le contact avec les exploitants

La production d’électricité fait partie des activités industrielles critiques qui ne vont pas s’arrêter pendant le confinement. Pour l’instant, EDF a seulement annoncé un plan de continuité d’activité à la centrale nucléaire de Flamanville (Manche). 

De son côté, l’ASN assure qu’elle maintient un “lien étroit avec les exploitants nucléaires et les responsables d’activité pour analyser les conséquences en termes de sûreté et de radioprotection des dispositions prises dans le cadre de la crise sanitaire actuelle.” Notamment la gestion des effectifs et la gestion des activités lors des arrêts de certains sites. 

L’ASN mentionne aussi “les dispositions prises dans les hôpitaux pour assurer la continuité des traitements pour les patients”. Samedi 14 mars, le président Emmanuel Macron avait d’ailleurs annoncé le report de toutes “les opérations qui ne sont pas urgentes”.

L’ASN passe en télétravail

Basée à Montrouge (Hauts-de-Seine), l’Autorité de sûreté nucléaire a également déclenché “le niveau rouge de son plan de continuité d’activité” : l’ensemble de ses agents travaillent désormais à domicile et les échanges de documents avec les responsables d’activité nucléaires sont dématérialisés au maximum. L’ASN veut ainsi contribuer “à son niveau” à “la réduction des risques pour son personnel”.

Abonnés
Le baromètre de l’énergie
Prix de l’électricité et du gaz, production nucléaire, éolienne et hydraulique… Notre point hebdo sur l’énergie en France.
Nos infographiesOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.