Ce que contient l'accord de compétitivité et de performance signé chez Valeo

La CFE-CGC et FO ont annoncé qu’ils avaient décidé de signer l’accord qui garantit l’emploi dans les sites de Valeo en France pendant deux ans, en échange notamment d’un gel des salaires.

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Valeo Martos Espagne système d'éclairage avant
Valeo a signé un accord de performance collective.

C’est fait. Après plus de trois mois de négociations, Valeo a annoncé la signature mercredi 30 septembre d’un accord de compétitivité et performance collective. La veille, la CFE-CGC et FO, qui détiennent plus de 50% de représentativité syndicale, avaient indiqué avoir décidé d’adopter ce projet. A l’inverse, la CGT et la CFDT ont refusé de voter en faveur de ce projet, grâce auquel la direction espère réduire les coûts salariaux de l’ordre de 10% dans l’Hexagone.

Dans le communiqué, Valeo indique s’être engagé à "ne procéder à aucune fermeture de sites et aucun licenciement économique contraint en France dans les deux ans à venir". "Graver dans le marbre la pérennité de l’emploi était essentiel", estime Bertrand Bellanger, coordinateur FO. "Nous souhaitions éviter que les investissements puissent être réduits en France et demandions des garanties pour que des solutions soient trouvées pour certains sites positionnés sur des technologies en fin de vie".

Depuis dix ans, Valeo estime avoir investi "près de deux milliards d’euros" en France, afin de développer des nouvelles technologiques, telles que le 48 volts dont le groupe s’est fait une spécialité. Le site d’Etaples (Pas-de-Calais) en est notamment une vitrine. L’usine produit des alterno-démarreurs 48 volts grâce auxquels l’équipementier français espère contribuer à la réduction des émissions de CO2 des futurs véhicules.

"CLAUSE DE RETOUR À MEILLEURE FORTUNE"

En contrepartie, l’accord prévoit notamment un gel des salaires, la suspension de l’intéressement pendant deux ans ainsi que le recours à une activité partielle de longue durée avec une indemnisation de l’activité partielle à hauteur de 80% de la rémunération brute, un niveau supérieur à celui prévu légalement. En parallèle, une "clause de retour à meilleure fortune" est prévue si les objectifs sont atteints en 2022.

Touché comme le reste de l’automobile par la crise de la Covid-19, Valeo a subi une perte de nette de 1,2 milliard d’euros au premier semestre. Son chiffre d’affaires s’est écroulé de 28% à 7 milliards d’euros sur la période. Dans un tel contexte, le groupe a annoncé avoir supprimé autour de 2 000 emplois en France, essentiellement par le biais de contrats d’intérimaires non reconduits. Dans l’Hexagone, Valeo emploie 13 500 personnes dans 23 sites de production et 14 centres de R&D.

D’après l’Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA), la production automobile européenne a été amputée de 3,650 millions de véhicules entre janvier et juin. Cela correspond à 20% de la production totale réalisée en 2019. Des pertes qui touchent par ricochet leur tissu de fournisseurs, déjà plombés par l’évolution structurelle du marché. En 2019, les ventes des usines françaises d’équipement automobile ont diminué de 0,9%, à 18,56 milliards d’euros selon la FIEV.

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