Dans l'énergie, la transition est engagée... Et elle profite à l'emploi. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a publié en septembre 2022 un rapport d'un nouveau genre, baptisé World Energy Employment (WEE). Cette première étude vise à dresser un état des lieux de la situation mondiale de l'emploi dans le secteur énergétique. On y apprend qu'en 2019, près de 65 millions de personnes à travers la planète travaillaient dans le domaine de l'énergie et des activités liées, soit 2% de l'emploi mondial. Un effectif qui a crû de 1,3 million de salariés en 2021 par rapport à 2019, selon les estimations de l'AIE, et pourrait augmenter d'encore 6% en 2022. Des hausses portées par les besoins croissants dans les énergies dites «propres».
Dans le détail, l'AIE classe les activités liées à l'énergie en trois catégories : l'approvisionnement en charbon, pétrole, gaz et bioénergie, la production d'électricité et les usages finaux, qui incluent la production de véhicules ainsi que l'efficacité énergétique dans les bâtiments et industries. Dans sa dénomination «énergies propres», l'agence inclut entre autres, la production d'électricité à partir de nucléaire et de renouvelables, l'efficacité des bâtiments, les véhicules électriques dans les utilisations finales, le CCUS dans l'industrie, ou encore les biocarburants et l'hydrogène pour l'approvisionnement en carburant.
Ces trois catégories se partagent plutôt équitablement les besoins en main-d'œuvre. Au global, la part des emplois liée aux énergies dites «propres» représente depuis 2021 plus d'un emploi sur deux. En revanche, dans les énergies fossiles, «l'emploi dans la production de carburant s'est quelque peu redressé dans le contexte de la lutte pour la sécurité de l'approvisionnement en énergie, mais il reste en-deçà des niveaux pré-pandémiques», constate l'AIE, qui ajoute que la croissance dans ce domaine «se concentre sur le gaz naturel, avec la construction de nouvelles installations de GNL et l'expansion de la production».
La transition énergétique, un vivier d’emplois
Porté par des investissements en croissance (l'AIE attend une hausse de 8% en 2022 à 2 400 milliards de dollars, tout en rappelant que la «moitié de l'augmentation des dépenses d'investissement est liée à la hausse des coûts»), le secteur innove. Un phénomène qui se ressent sur l'emploi. 60% des employés du secteur travaillent sur des nouveaux projets, comme la construction de centrales ou l'installation de pipelines. Cela implique des compétences spécifiques, ce que confirme la part de travailleurs qualifiés : 45%, contre une proportion de l'ordre de 24% tous secteurs confondus.

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En revanche, le secteur, toutes catégories confondues, est pointé du doigt par son manque criant de diversité. Seulement 16% des personnes travaillant dans le secteur de l'énergie à travers le monde sont des femmes, contre une moyenne de 39% dans l'emploi mondial. Le phénomène est particulièrement visible dans le domaine du nucléaire, qui emploie seulement... 8% de femmes, selon les estimations de l'AIE.
Selon l’Agence internationale de l'énergie, atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050 impliquerait de créer 14 millions d’emplois et de transférer 5 millions d'emplois des énergies fossiles vers les énergies vertes. Pour cela, l’institution recommande trois bonnes pratiques dans son étude : des investissements massifs dans la formation, un plan de transition sociale équitable et le renforcement du dialogue social avec les entreprises, les syndicats, la société civile, le monde académique, entre autres.



