Le pétrochimiste britannique Ineos a réceptionné le module contenant les deux premiers fours destinés à son nouveau craqueur d’éthane de 1,45 Mt/an, en cours de construction dans le port d’Anvers, connu sous le nom de Project One. Pesant pas moins de 6 000 tonnes, mesurant plus de 32 mètres de large et 60 mètres de hauteur, le module a fait l’objet d’un transport par navire parmi les plus grands et les plus spectaculaires jamais effectués dans le port d’Anvers. La valeur des deux fours, fabriqués en Thaïlande, est également considérable : elle s’élève à 150 millions d’euros. L’arrivée des quatre fours restants est prévue pour le premier trimestre de cette année.
Le transport maritime, étape critique
Cette étape de transport était considérée comme l’un des moments les plus critiques de la vie des fours, conçus pour durer environ 50 ans. « En raison de la situation précaire dans la mer Rouge, le transport a dû faire un détour par le cap de Bonne-Espérance et a duré au total 55 jours sur une distance de 12 500 milles nautiques. Pour que la cargaison reste stable pendant le transport outre-mer, elle a été renforcée par une structure en acier, littéralement soudée au navire », explique Ineos, alors que neuf jours à quai supplémentaires seront nécessaires pour libérer et décharger le module avec les fours de son navire. Project One génère également beaucoup d'activités en dehors d'Anvers. Pas moins de 10 000 travailleurs du monde entier ont été mobilisés pour la construction de la nouvelle usine. Un grand nombre d'entre eux ont travaillé dans les chantiers de modules en Thaïlande, à Abu Dhabi et aux Philippines, une phase qui est désormais progressivement achevée. Au total, 10 millions d'heures de travail ont été effectuées sur le chantier thaïlandais.
Des fours fonctionnant à l'hydrogène
À noter que les fours de craquage sélectionnés par Ineos sont équipés de brûleurs à très faible teneur en NOx et de préchauffeurs d’air de combustion qui garantissent une réduction des émissions de NOx et une efficacité énergétique maximales. Ils sont adaptés à l’utilisation de combustibles à forte teneur en hydrogène pour permettre de réduire de moitié l’empreinte carbone, par rapport aux meilleurs standards des craqueurs européens. Dès le premier jour de la mise en service du craqueur d'Anvers, Ineos assure qu’il sera en mesure de fournir 60 % de la demande de chaleur, avec de l'hydrogène à faible teneur en carbone au lieu de gaz naturel. La technologie est déjà prête à passer à 100 % d'hydrogène, dès que des volumes suffisants d'hydrogène abordable et respectueux du climat seront disponibles.



