La réindustrialisation de la France passera également par la production de vélos électriques. L’entreprise spécialisée dans les systèmes de vélos en libre-service Fifteen inaugure ce mercredi 24 mai une nouvelle ligne d’assemblage à Auxi-le-Château (Pas-de-Calais), en partenariat avec l’industriel F2J, spécialiste de la reconversion d’entreprises industrielles en difficulté.
Le projet "F2J Bike" est implanté au sein d’une aile rénovée de l’usine automobile de la société Aglaform, filiale du groupe F2J, fabriquant des poulies pour les groupes moto-propulseurs de voitures. L’entreprise, qui cherche à diversifier son activité en prévision de la baisse de la production dédiée aux véhicules thermiques, bénéficie du soutien de l’Etat pour opérer sa mue.
Le projet est financé à hauteur de 450 000 euros dans le cadre du plan de soutien à la diversification des sous-traitants de la filière automobile de France 2030. Le montant total de l’investissement se monte à un million d’euros, réparti à parts égales entre F2J et Fifteen. La production des vélos de Fifteen au sein de ce nouvel atelier a commencé au début du mois de mai. Une montée en puissance est prévue pour atteindre une production annuelle de 45 000 vélos d’ici trois à quatre ans, en fonction de l’évolution du carnet de commandes. Entre 30 et 50 emplois pourraient être créés, selon F2J et Fifteen. Cette annonce est un nouveau jalon vers l'objectif fixé par le gouvernement : assembler 2 millions de vélos par an sur le territoire à horizon 2030.
Demain, une filière vélo 100% «Made in France» ?
Née en 2021 de l'acquisition par Smoove de Zoov, Fifteen est un start-up qui conçoit et fabrique des systèmes de vélos partagés en libre-service et location longue durée. En mars 2022, l’ensemble mené par Benoit Yameundjeu a levé 40 millions d'euros pour se déployer à grande échelle. «Nous gérons désormais une flotte de plus de 50 000 vélos, dans une trentaine de villes», détaille le dirigeant à L’Usine Nouvelle. Si Fifteen est présent dans près de 10 pays (comme la Finlande, le Canada, le Maroc), c’est bien la France qui représente les deux tiers de son activité. Fifteen opère notamment Vélib’ à Paris et Le Vélo à Marseille.
Pourtant, seule une partie de sa production est pour l’heure située dans l’Hexagone. «Les vélos dotés des dernières technologies, les plus connectés, sont produits en Asie», explique Benoit Yameundjeu, qui travaille à rapatrier "petit à petit" en France non seulement l’assemblage, mais également la production des cadres, des dérailleurs... Et même des batteries de 345Wh qui équipent ses vélos. Celles-ci seront produites en Haute-Savoie d’ici quelques mois. «On rapatriera la production de l'ensemble de ces systèmes au rythme permis par la filière vélo française», assure le dirigeant, qui égrène les raisons qui ont précipité ce choix du "Made in France" : «suite à la pandémie de Covid qui a eu pour incidence une augmentation des prix de production en Asie, on s’est rendus compte qu’on avait besoin de plus de flexibilité et de réactivité dans la chaîne d’approvisionnement, de simplifier la logistique».



