«L’intermodalité est un grand défi à relever» s’est enthousiasmée Élisabeth Borne le 5 mai 2023 lors du premier Comité interministériel "Vélo et marche", tenu au ministère de la Transition énergétique. Le vélo constitue un moyen de transport décarboné, bon marché et permettant une activité sportive à ceux qui le pratiquent. De nombreux atouts qui expliquent la volonté du gouvernement de développer la pratique de ce moyen de transport. Il débloque pour cela 2 milliards d’euros entre 2023 et 2027.
Booster la filière de production de vélos
Le développement de la production de cycles en France est l'une des priorités du plan vélo. «On veut faire des vélos partout en France comme on fait du vélo partout en France», résumeRoland Lescure, ministre délégué à l’Industrie. Pour ce faire, le gouvernement va soutenir la filière pour passer d’une production de 854 000 vélos en 2022 à 1,4 million en 2027 et jusqu’à 2 millions en 2030. Une offre qui doit suivre la hausse de la demande. «En 2022, presque deux fois plus de vélos que de voitures ont été vendus», chiffre Roland Lescure.
Le gouvernement annonce un investissement de 100 millions dans la seule filière du vélo reconditionné pour financer dans les 5 prochaines années la réparation des deux-roues, notamment électriques, par le biais de bonus de réparation.
Exporter plus de vélos made in France est également une volonté forte du gouvernement. «Mais en amont, prévient le ministre, on doit arriver à définir ensemble ce qu’est ce vélo made in France.» Pour ce faire, et dans le cadre du plan "France 2030", le gouvernement s’engage à lancer avant la fin de l’été 2023 un appel à projet "Production de vélo" (dont l'enveloppe n'est pas définie à ce stade). Roland Lescure ne cache pas son excitation à ce sujet : «on va travailler dans les mois qui viennent sur la calibration du vélo made in France. On veut du vélo innovant, éco conçu, et bon marché. Ça va être un défi énorme mais c’est le défi de l’industrie française aujourd’hui. Une fois la définition établie, on aidera les professionnels du secteur à développer ce cycle made in France.»
Développer les infrastructures
L'un des volets les plus importants du plan est le développement du réseau de pistes et voies cyclables. Actuellement, la France dispose de 57 000 kilomètres de voies cyclables sécurisées sur son territoire. «L’objectif est d’atteindre 80 000 kilomètres en 2027 et 100 000 km en 2030 à raison d’un engagement de 250 millions d’euros chaque année», explique Clément Beaune, le ministre des Transports. Le gouvernement financera à hauteur de 25 à 30% les projets portés par les collectivités locales à condition que ces derniers soient sécurisés et séparés du trafic automobile. La priorité sera donnée aux petites communes et les villes moyennes ainsi qu’aux territoires ruraux.
Le gouvernement ne fait pas l’impasse sur les points de stationnements vélo sécurisés, qui seront multipliés. «Près des gares, leur nombre devrait être porté à 90 000 d’ici 2027 contre 30 000 actuellement», souligne Clément Beaune. Des aides au financement de parkings sécurisés, de box à vélo ou de zones de stationnement sécurisées destinées aux bailleurs sociaux, établissements et copropriétaires sont également prévues. «50 millions d’euros seront investis pour développer tous ces stationnements sécurisés» complète le ministre. La sécurité face au vol est également un enjeu de taille. D’après Florence Guillaume, ministre déléguée à la sécurité routière, 4,5 millions de vélo sont déjà immatriculés et fichés au niveau national, ce qui a permis en 2022 de retrouver 8% des vélos volés, «d’ici 2027, l’objectif est d’atteindre 13 millions de vélos immatriculés dans le fichier.»
Des incitations financières pour rouler à vélo
Le plan vélo prolonge jusqu’en 2027 les aides de l’Etat pour l’achat d’un cycle. Ces aides grimpent de 300 à 2 000 euros par personne, conditionnées par le niveau de revenu et le coût du vélo, pour l’achat d’un cycle classique ou à assistance électrique. Ces aides seront étendues aux vélos d’occasion revendus par des professionnels, électriques ou non. Pour Clément Beaune, «développer le marché des vélos de seconde main apporte une solution pour le climat, pour le pouvoir d’achat, et pour la création d’emplois.» Le gouvernement se fixe également l'objectif d’augmenter le forfait mobilité durable (FMD) de la fonction publique, actuellement établi entre 200 et 300 euros par an. Le but étant d’inciter davantage les Français à rejoindre leur travail à vélo.



