Reportage

A Istres, BMW teste ses nouveaux modèles de voitures et de motos sur tous les terrains depuis 1986

Le 7 mars, le constructeur allemand BMW a ouvert les portes de l’autodrome de Miramas où il teste et valide toutes ses voitures et motos avant leur fabrication. Il y a investi 44 millions d’euros en dix ans.

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BMW - Autodrome de Miramas
L’autodrome de Miramas teste 4 000 véhicules par an des marques BMW, Mini, Rolls-Royce et Motorrad.

Situé à Istres (Bouches-du-Rhône), près de la base aérienne 125, l’autodrome de Miramas a 100 ans, BMW Group le détient depuis 1986. Mais en près de 40 ans, jamais ce centre d’essais international n’a été ouvert et détaillé dans son rôle et missions comme le 7 mars. «Sa position géographique est idéale pour fonctionner toute l’année. 4000 véhicules par an de nos marques BMW, Mini, Rolls-Royce et Motorrad y sont testés et éprouvés, explique Vincent Salimon, président du directoire BMW Groupe France. Nous y avons investi 44 millions d’euros en dix ans dont, récemment, 13millions d’euros pour réaliser une piste de roulage automatisé, conduite de véhicules autonomes et piste mouillée et l’équiper des outils associés. Nous croyons beaucoup en la France».

Selon le dirigeant, le pays est devenu, en effet, le cinquième marché mondial de BMW, quatrième pour Mini, avec un record historique en 2024 de 67000 voitures immatriculées sous ces deux marques, et deuxième pour Motorrad. «Même dans un contexte volatile pour le secteur automobile, nous entendons continuer à l’accompagner», assure-t-il.

Dans les locaux trône le futur BMW iX5 propulsé à l’hydrogène dont la fabrication débutera en 2026 et la commercialisation en série est programmée pour 2028. Un partenariat a été conclu localement dès 2023 avec la station hydrogène d’Air Liquide à Fos-sur-Mer (60 000 euros investis par BMW) pour approvisionner les prototypes, le constructeur considérant que l’électrique seul ne pourra suffire pour réduire à 2030 de 40% ses émissions de CO2 par voiture sur son cycle de vie.

BMW - Autodrome de Miramas - Prototype hydrogène sur la pyramide JC Barla
BMW - Autodrome de Miramas - Prototype hydrogène sur la pyramide BMW - Autodrome de Miramas - Prototype hydrogène sur la pyramide

BMW - Autodrome de Miramas - Prototype hydrogène sur la pyramide 

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65 kilomètres de pistes

Sur ses 480 hectares, l’autodrome compte 65 kilomètres de pistes répartis sur plus de 25 modules, de la voie parsemée de trous et de galets de la Crau, au circuit grande vitesse, en passant par un tunnel, une «pyramide», des chicanes, des pentes de 12% à 58%. Ces infrastructures aident à vérifier l’endurance, la résistance, la tenue de route, l’étanchéité (eau, poussières…), les vibrations, bruits parasites et toute anomalie éventuelle des modèles, mis en situation de «vieillissement accéléré». «Nous sommes des auditeurs de véhicules en développement pour les amener à être les plus parfaits en production. Plus un problème est détecté tôt, plus il est facile de le corriger. L’objectif est de choisir le juste curseur sur des cas d’usages extrêmes mais réalistes sans casser le prototype. L’essai doit rester pertinent pour le client» glisse Jean-Guillaume Nerva, l’un des 20 ingénieurs voués aux essais sur les 38 collaborateurs du centre. Pour simuler un démarrage en côte sur une route enneigée, une piste est parsemée de pavés de verre copieusement arrosés afin de rapprocher de zéro le niveau d’adhérence.

BMW - Autodrome de Miramas - Essai dans l'eauJC Barla
BMW - Autodrome de Miramas - Essai dans l'eau BMW - Autodrome de Miramas - Essai dans l'eau

BMW - Autodrome de Miramas - Essai dans l'eau.

Technologie et «feeling» humain

En pic d’activité, le centre peut recevoir jusqu’à 350 personnes. Une multitude de capteurs embarqués remonte les données de comportement des voitures à une tour de contrôle dont le système d’observation résulte de cinq ans de développement mené par BMW avec des sociétés technologiques spécialisées. Chaque véhicule à l’essai est visible, décortiqué en temps réel. Des alertes se déclenchent si l’un d’entre eux n’est pas censé s’y trouver, si des règles de roulage et de sécurité ne sont pas respectées. «Pour la piste de conduite autonome, des centaines de milliers de scénarii sont modélisés, mesurés et validés pour analyser la réponse de la voiture, par exemple à la détection d’un piéton, d’un cycliste…» indique le directeur du centre d’essais, Olivier Meurice. Malgré tout, les voitures sortent ponctuellement sur les routes extérieures, des Alpilles au Mont-Ventoux (où la pente avoisine les 10-12% sur 20 km), pour compléter les connaissances (refroidissement moteur, freinage…). «Le centre est synthétique, mais ne couvre pas ces conditions extérieures, poursuit-il. De même, le rôle du pilote reste primordial: nous avons besoin de son ressenti pour estimer le plaisir de la route que vivra le client».

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