Oublié le fiasco retentissant des Cycles Mercier. Cibox vient de concrétiser son projet : assembler des vélos et trottinettes électriques à Revin (Ardennes) et non plus en Hongrie et Roumanie. Il a officiellement inauguré en juin sa première ligne d’assemblage qui, depuis avril, a déjà sorti plus de 2000 cycles à assistance électrique.
Selon Daniel Durbecq, le maire de la commune d’accueil, cette étape marque «le retour à l’industrialisation et le renouveau de Revin qui en avait bien besoin après la disparition de différentes entreprises (Faure, Arthur-Martin, Porcher et Electrolux) ayant assuré sa renommée avant de laisser une ville en friches. Cela va peut-être aussi permettre de stopper la saignée de la population passée de 12000 à près de 6000 habitants ».
L'ancienne usine Porcher a été totalement réhabilitée par la communauté de communes "Ardennes Rives de Meuse" qui en a fait un site moderne, spacieux et adapté à un centre de production de cycles. Bernard Dekens, le président de la collectivité locale, a rappelé que la concrétisation de ce projet résultait «d’un engagement collectif mené de façon exemplaire par les différents acteurs publics et privés impliqués sur un marché qui devrait s’avérer être très porteur».
Production de cinq modèles différents
Cet investissement de 22,5 millions d’euros a été subventionné à hauteur de huit millions d’euros, fournis par l’Etat à hauteur de plus de cinq millions d’euros sur trois lignes budgétaires (le recyclage foncier des friches dans le cadre de France Relance pour 3,7 millions d’euros, 543500 euros de dotation de soutien à l’investissement local et 800000 euros directement destinés à Cibox), la Région Grand Est et Ardennes Rives de Meuse (deux millions d’euros chacune) et l’entreprise elle-même. SPL Immobilier en rachetant le bâtiment et en dépolluant un site qui sera loué à un prix compétitif à Cibox a pour sa part apporté 9,4 millions d’euros.
Une contribution qui permet à Cibox de disposer d’un bâtiment de 17500m² bâtis comprenant actuellement un atelier 3R (réparation, reconditionnement, recyclage), une ligne d’assemblage répartie sur 6000m² pour la fabrication de guidons, poignées, freins, selles, garde-boue, pédaliers et porte-bagages et la préparation des câbles électriques, deux lignes de rayonnage pour fabriquer des roues, une autre d’emballage (3000m²), une zone de stockage de pièces détachées plus des bureaux et une cuisine. Actuellement, la "Revin Mobility Factory" assemble des vélos de sa marque Yeep.me tout en sous-traitant pour des clients asiatiques : Fiido, Joieem et Unicorn.
Vers un écosystème autour du cycle ?
Georges Lèbre est un président heureux et confiant. «Notre volonté est d’atteindre une production de 5000 vélos par mois dès 2026 et de créer un écosystème autour du cycle en parvenant à attirer à proximité de notre usine revinoise des cellules de réparation, des métiers de services après-vente ou de préparation logistique. Nous avons déjà entamé des discussions avec d’éventuels partenaires ».
Une stratégie confortée par les résultats de l’exercice 2024 au cours duquel la PME a doublé ses ventes. Cibox veut aller plus loin : réaliser dans les prochaines semaines une seconde ligne d’assemblage pour augmenter les cadences, faire émerger un atelier de peinture automatisé en 2027 et aussi la fabrication de cadres et l’installations de fours d’ici à deux ans. L’entreprise envisage à terme de produire 150000 vélos par an.



