Le marché du cycle ne cesse de prendre de la valeur en France. Une croissance folle, qui doit beaucoup aux vélos à assistance électrique (VAE). Les modèles à batterie représentent désormais plus de la moitié des bicyclettes assemblées en France, d'après l’édition 2022 de l’Observatoire du cycle, publiée jeudi 6 avril. Et selon les professionnels du secteur, les marges de progression restent immenses.
«Nous sortons de deux années de crise sanitaire qui ont été très bonnes pour le vélo. Nous nous attendions à une année de consolidation en 2022, donc une année plutôt plate», introduit Jérôme Valentin, vice-président de l’Union Sport & Cycle. Certes, le nombre de cycles vendus a diminué de 7% à 2 596 199 unités. Mais la valeur du marché a grimpé à 3,6 milliards d’euros, c’est 5,2% de plus qu’en 2021… et 50,4% de plus qu’en 2019 !
Triomphe du VAE et essoufflement du vélo classique
Dans la production comme dans les ventes, le vélo électrique accélère, tandis que les vélos traditionnels s'essoufflent. En 2022, plus d’une bicyclette sur quatre vendues en France était équipée d’un système d’assistance électrique : l’Union Sport & Cycle dénombre 738 000 VAE vendus (+12%) pour 1,86 million (-13%) de vélos classiques.
Selon l’Union Sport & Cycle, le déclin des cycles traditionnels s’explique notamment par un fort recul des vélos enfants : pour ce produit d’une faible durée de vie, les consommateurs préfèrent se tourner vers le marché d’occasion. L’organisation note aussi une baisse des ventes sur les modèles à plus bas prix, comme les vélos de ville. «Il y a eu une augmentation très forte de ces ventes en 2021, donc une saturation des équipements des familles françaises», explique Jérôme Valentin.
Une relocalisation à mettre en oeuvre
La tendance de l’électrification est plus flagrante encore dans les ateliers situés en France : face à la redoutable concurrence asiatique, de nombreux fabricants préfèrent se positionner sur des modèles à plus forte valeur ajoutée, comme les vélos électriques. Si bien que les VAE dépassent désormais les vélos classiques dans la production française. Celle-ci comprend 445 224 VAE (+28% par rapport à 2021) et 409 523 vélos traditionnels (-9%). Au total, le nombre de vélos made in France a progressé de 7% à plus de 854 000 unités.
Selon l’Union Sport & Cycle, la croissance de la production pourrait se poursuivre pour atteindre 912 000 unités en 2023, soit une croissance théorique de 7%. De son côté, le gouvernement souhaite aller bien plus loin : il a fixé un objectif de deux millions de vélos produits en France en 2030. Pour ce faire, l’Union Sport & Cycle espère signer un contrat de filière avec l’État au mois de juin. «Nous avons la capacité de fabriquer tous les composants du vélo en France», encourage Jérôme Valentin. Pour l’instant, les fabricants de vélos français dépendent encore énormément de pièces venant d’Asie, notamment au niveau des freins, de la transmission et des pneumatiques. Mais certains industriels français du secteur automobile espèrent changer la donne en se diversifiant dans le cycle : c’est le cas de Valeo et du sous-traitant Bontaz.
Doubler la valeur du marché du vélo électrique
Pour motiver les industriels, Jérôme Valentin souligne les perspectives de croissance sur le marché du VAE. «Entre 2022 et 2030, nous allons doubler la valeur du marché du VAE. Cela va nous amener à un marché total de 4,2 à 4,5 millions de vélos en France, malgré la baisse des vélos classiques», développe le vice-président.
Pour l’instant, le VAE ne représente «que» 28% du marché français en volume. Mais selon l’Union Sport & Cycle, la France pourrait suivre une trajectoire similaire à celle de l’Allemagne et des Pays-Bas. «La part du VAE est de 57% aux Pays-Bas et de 48% en Allemagne», chiffre Jérôme Valentin.



