L’éléphant dans la pièce, au siège de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) à Vienne le 6 mars, n’était pas le coronavirus. Entre foot shakes, prises de température et accès restreint au bâtiment, l’épidémie a été largement discutée. Elle était même la raison principale de l’ambitieuse proposition de l’Opep de réduire encore de 1,5 million de barils par jour la production de pétrole cumulée de ses 13 membres et de ses 10 partenaires de l’Opep+. Une proposition rejetée par la Russie, chef de file des membres non-Opep de ce partenariat actif depuis 2016. Les 23 pays ont déjà, à des niveaux différents, réduit leur production cumulée de 2 millions de barils par jour. Les cours du pétrole ont immédiatement dévissé de plus de 9%.
Les Etats-Unis profitent des efforts de l'Opep
Le grand absent, à Vienne, était les Etats-Unis, ce pays nouvellement exportateur dont la production de pétrole monte en flèche depuis maintenant dix ans, quand d’autres essaient de rééquilibrer le marché. Mais Washington ne veut pas entendre parler de régulation.
Au prix actuel du baril de WTI, le West Texas Intermediate, pétrole de référence aux Etats-Unis (45,9 dollars à la clôture le 5 mars, certainement moins le 6 mars après le fiasco à l’Opep), il devient difficile de rentabiliser le forage de nouveaux puits.

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Federal reserve bank of Dallas En revanche, les puits existants peuvent continuer à produire même si le cours du WTI baisse encore.
Federal reserve bank of Dallas Comme le montrent aussi les données compilées par la Réserve fédérale banque de Dallas (l’une des douze banques de la Fed), les Etats-Unis continuent de produire de plus en plus, malgré la baisse du nombre d’appareils de forage actifs. Les producteurs de pétrole de schiste ont, comme les autres, appris à faire plus avec moins.
Federal reserve bank of Dallas Tant que ces producteurs ne seront pas étranglés par une baisse des cours assez durable pour voir leurs puits actifs arriver à déplétion, la production américaine ne baissera pas. Cela pourrait se produire soit par destruction de la demande, en cas d'aggravation de l'épidémie de coronavirus qui se transforme en pandémie mondiale, soit par la hausse de l'offre de l'Opep et de ses partenaires.
Après que les discussions ont échoué à Vienne, et en l’absence d’un compromis d’ici là, les 23 membres de l’Opep+ ne seront plus tenus par aucun engagement de restreindre leur production de pétrole à compter du 1er avril. La période est donc à haut risque pour le cours du pétrole.



