Après le Comité consultatif national d’éthique (CCNE), le 17 décembre, la Haute autorité de santé (HAS) a délivré lundi 20 décembre un feu vert pour la vaccination de tous les enfants à partir de 5 ans, et plus seulement ceux considérés à risque en raison de comorbidités. Lise Alter, directrice de l’évaluation médicale, économique et de santé publique à la HAS, précise que la recommandation porte sur une vaccination qui ne sera « pas rendue obligatoire ni exigible ». Cette extension de la campagne vaccinale ne se fera que sur la base du volontariat et de l’approbation des parents des enfants. Après cette annonce, le ministère des Solidarités et de la Santé n’attend plus que la recommandation du conseil scientifique pour procéder à une possible autorisation.
Techniquement, la vaccination des 5-11 ans se ferait grâce au vaccin anti-Covid Comirnaty de Pfizer/BioNTech, avec deux doses trois fois moindres que celles utilisées à partir de 12 ans, administrables à un intervalle de 21 jours. Un test sérologique (TROD) est conseillé avant toute injection. Il doit permettre de déterminer si des enfants qui n’auraient pas d’antécédent connu de Covid-19, auraient pu être malades sans symptômes et disposer d’anticorps. Ils ne nécessiteraient alors qu’une dose unique, au lieu de deux.
Les collégiens prioritaires
La HAS préconise aussi « de prioriser la vaccination des collégiens de moins de 12 ans » afin de compléter la couverture vaccinale dans les collèges, a indiqué Lise Alter. Elle rappelle aussi « l’importance de la place des pédiatres et des médecins traitants dans la démarche vaccinale », en particulier pour informer les parents et évidemment pour les injections. La HAS estime aussi que « les professionnels de la santé scolaire pourraient apporter une aide précieuse » et qu’il faudrait associer l’Education nationale à cette campagne, toujours selon Lise Alter.
La principale motivation de cette recommandation est d’éviter le risque des formes sévères de la maladie chez les enfants. Or, si ces formes sont rarement présentes chez les enfants, elles surviennent surtout chez ceux en bonne santé. Les données européennes actuelles montrent que dans la population des 5-11 ans, « 80% des formes sévères surviennent chez des enfants sans comorbidités », prévient Lise Alter.
Lutter contre une éventuelle sixième vague
Ce feu vert de la HAS s’appuie sur toutes les données disponibles, et en particulier sur les données américaines où 7 millions de doses ont déjà été injectées chez des enfants de 5 à 11 ans, avec 2 millions de schémas complets de deux doses. Selon ces données, « 3 233 événements indésirables ont été notifiés, dont 97% sans gravité, comme des réactions locales et des syndromes fébriles, comme pour les adultes et les adolescents », souligne Lise Alter. Laquelle ajoute que 14 cas de myocardites ont été rapportés, dont 8 confirmés seulement, et tous entièrement résolus. Ce qui n’est donc pas considéré comme inquiétant car très faible, selon la HAS.
L’intérêt de vacciner les enfants réside aussi dans le fait que cela pourrait diminuer la circulation du virus et éviter les fermetures de classe. Même si Lise Alter note que « la vaccination des enfants aurait un impact limité sur la vague de contamination actuelle, mais pourrait réduire l’impact d’une vague ultérieure ». En clair : pour la cinquième vague, il est déjà trop tard. Mais la vaccination des plus jeunes pourrait être intéressante dans un avenir très proche, avec le variant Omicron, en raison de sa propagation exponentielle et des menaces qu’il fait peser sur la circulation épidémique.



