La vaccination recommandée en France pour les enfants à risques et ceux de l’entourage des immunodéprimés

La Haute autorité de Santé appelle à élargir la campagne vaccinale contre le Covid-19 aux enfants de 5 à 11 ans qui souffrent de comorbidités et à ceux qui composent l’entourage de personnes immunodéprimées ou de personnes vulnérables non vaccinées. L’élargissement à toute la catégorie d’âge est en cours d'évaluation.

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Vaccin Pfizer-BioNTech
La Haute autorité de Santé (HAS) recommande l'utilisation du vaccin Comirnaty de Pfizer/BioNTech pour vacciner les enfants de 5 à 11 ans à risques et vivant dans l'entourage de personnes immunodéprimées ou vulnérables et non vaccinées.

C’est un premier feu vert, en France, vers l’élargissement de la campagne vaccinale contre le Covid-19 aux enfants de moins de 12 ans. La Haute autorité de Santé (HAS) a annoncé le 30 novembre une première recommandation concernant les enfants âgés de 5 à 11 ans à risques de développer une forme grave, voire d’en décéder. Elle préconise aussi de vacciner les enfants de cette tranche d’âge qui vivent dans l’entourage de personnes immunodéprimées ou de personnes à risques et non vaccinées. Le vaccin préconisé est le Comirnaty de Pfizer/BioNTech, le seul à avoir obtenu une autorisation pour une utilisation chez les enfants, à un dosage moins élevé (10 microgrammes contre 30 µg à partir de 12 ans).

360 000 enfants à risques en France

La HAS considère que 360 000 enfants à risques sont concernés en France. Les comorbidités listées sont les maladies hépatiques chroniques, les maladies cardiaques et respiratoires chroniques dont l’asthme sévère nécessitant un traitement en continu, les maladies neurologiques, l’immunodéficience primitive ou induite par médicaments, l’obésité, le diabète, les hémopathies malignes, la drépanocytose et la trisomie 21. L’autorité suggère aussi d’ajouter les enfants souffrant d’autres comorbidités comme un cancer récent, une maladie rénale chronique ou encore un handicap neurologique. Par ailleurs, au cas par cas et sur l’avis d’un médecin spécialiste des organes et des maladies rares, la HAS considère que la vaccination pourrait être proposée à certains autres enfants qui seraient jugés vulnérables.

Sans comorbidités, un risque 25 fois inférieur de formes graves que chez les adultes

Ces recommandations, qui nécessiteront un feu vert du ministère des Solidarités et de la Santé, succèdent à l’autorisation par l’Agence européenne des médicaments (EMA), le 25 novembre, du vaccin Comirnaty chez tous les enfants de 5 à 11 ans. La HAS ne recommande pas encore d’élargir la campagne à toute cette tranche d’âge. Elle dit toutefois engager des auditions des parties prenantes sur cet élargissement avant de rendre un avis en fonction de l’examen de la balance bénéfice/risques. La HAS rappelle que toutes les études disponibles "suggèrent que les enfants infectés par le SARS-CoV-2 présentent des symptômes moins sévères que les adultes et n'ont, dans la grande majorité des cas, pas besoin de soins hospitaliers. Ainsi, une fois l'infection déclarée, le risque de développer une forme grave chez l'enfant est près de 25 fois inférieur à celui des adultes".

3 décès d'enfants en France depuis mars 2020

Deux données sont malgré tout inquiétantes. D’une part, la forte reprise épidémique actuelle, la fameuse cinquième vague, qui enclenche un "taux d’incidence en forte augmentation dans toutes les classes d’âge, y compris chez les enfants". Sachant que la "classe d’âge des 6 à 11 ans est désormais celle, parmi les enfants scolarisés, qui enregistre le taux d’incidence le plus élevé", alerte la HAS. Dans son dernier bulletin épidémiologique du 25 novembre, Santé publique France soulignait que le plus fort taux d'incidence relevé était bien chez les enfants de 6 à 10 ans, avec une augmentation de 110% entre la semaine 45 et la semaine 46.

D’autre part, des cas infantiles sévères et graves ont été rapportés. Depuis le début de la pandémie, en mars 2020, trois enfants dans la classe d’âge 5-11 ans sont décédés directement du Covid-19 en France, et près de 1300 hospitalisations ont eu lieu depuis début 2020. S'y ajoutent les syndromes inflammatoires multi-systémiques pédiatriques (PIMS), avec 781 cas recensés dans le pays, dont 318 ayant nécessité un séjour en réanimation et 199 une admission en unité de soins critiques.

Le 25 novembre, lors de la présentation de l’élargissement de la campagne de rappel, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, avait affirmé que rien n’était envisagé pour la vaccination des enfants de 5 à 11 ans "avant le début 2022". Soulignant que malgré l’avis favorable de l’EMA, il faudrait une recommandation de la HAS, ce qui est désormais chose faite, et du Comité consultatif national d’éthique. Cette recommandation de la HAS vient rejoindre la demande formulée mi-novembre par l’Académie de Médecine pour vacciner les enfants. Elle reprend les préconisations de l’Académie, sauf celle de vacciner aussi les enfants scolarisés avec les enfants à risques.

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