Etude

[Etude] Le télétravail est souvent télésurveillé

GetApp a réalisé une étude sur la surveillance des salariés travaillant à distance. Si ces dispositifs existent parfois, ils ne sont pas toujours synonymes d'un micro management tatillon. Les salariés sont assez partagés dans leur jugement sur ces pratiques qui sont certes des garde-fous contre les abus, mais produisent aussi stress et défiance. 

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Le travail à distance n'est pas toujours synonyme de confiance.

Ceux qui pensent encore que le télétravail induit mécaniquement davantage d'autonomie des salariés et un recul du management tatillon devraient partiellement revoir leurs préjugés positifs en lisant l'étude réalisée par GetApp (1). 

Des outils divers qui se cumulent parfois

Près d'un salarié interrogé sur deux travaille dans une entreprise qui a mis en place un dispositif de surveillance. Pour un salarié sur cinq, la mise en place de ce dispositif est antérieur au début du confinement et à la généralisation du télétravail. Ce que confirme le fait que 38 % des salariés dont l'entreprise a recours à une forme de surveillance ne télétravaillent pas. 

Les dispositifs de surveillance sont multiples et parfois se cumulent. 44 % des contrôlés indiquent qu'il consiste en une surveillance via l'ordinateur (temps de connexion, activité sur l'écran... ). Pour 40%, il s'agit d'un contrôle de l'heure du temps de travail (connexion et déconnexion). 22 % évoquent une surveillance de l'espace de travail via une webcam ou des captures d'écran. 20 % parlent de contrôle de la charge du travail. 

Le micro management est minoritaire

Plus étonnant est le résultat suivant. Parmi les salariés qui ont mis en place des outils de surveillance, plus d'un tiers (36%) déclare "être libre et pouvoir s'organiser" selon sa convenance. 40 % estiment qu'on pourrait leur "laisser plus de liberté, mais que cela n'est pas gênant". Seulement 18% estiment qu'ils sont micro-managés. 

Rien d'étonnant donc si seulement 16 % des personnes interrogées indiquent se sentir peu ou pas du tout  mal à l'aise pour réaliser des tâches ménagères ou personnelles pendant leur temps de travail. 

60 % des salariés surveillés indiquent qu'ils n'aimeraient plus l'être. Pourtant, quand on leur demande si la surveillance est une bonne ou une mauvaise chose, les réponses se partagent en trois ensembles de taille relativement égales. 29 % déclarent ne pas savoir. 32 % estiment que c'est une très bonne ou une bonne chose. Et 29 % ont une image négative ou très négative. 

Surveiller c'est stresser

Plus d'un salarié sur deux (51%) indique que le principal avantage des dispositifs de surveillance est que l'employeur connaît le temps de travail et les heures supplémentaires réalisées. Pour, on imagine, les payer. Le second avantage cité par 40 % des salariés est que ces outils peuvent aider le manager à accompagner le salarié pour mieux s'organiser. 

Mais les inconvénients cités sont assez inquiétants. C'est une source de stress pour 48% du panel. Cela entache la confiance pour 41 % des salariés surveillés et 37% s'inquiètent de pratiques intrusives. 

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(1) Etude réalisée auprès de 1309 salariés du 13 au 17 novembre. GetApp est une marque digitale du Gartner. 

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