Eramet toujours en discussion pour la cession d’Aubert & Duval

Le groupe minier a creusé ses pertes en 2020, à cause de dépréciations d’actifs liées à la suspension de son projet de lithium en Argentine et aux difficultés de sa filiale Aubert & Duval, dont la vente n’est pas finalisée. La crise en Nouvelle-Calédonie pèse aussi sur la production de la SLN.

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Christel Bories, PDG Eramet - Résultats 2018
La pdg d'Eramet Christel Bories estime que son groupe a bien résisté à la crise

Une année mouvementée, mais finalement pas si mauvaise. "Nous avons montré la pertinence de notre modèle économique " se félicite même Christel Bories, la PDG d’Eramet. Le chiffre d’affaires du groupe n’a reculé que de 3 % l’an dernier, à 3,55 milliards d’euros. En 2020, Eramet a nettement augmenté sa production, de quoi compenser le recul de 19 % des prix moyens du manganèse et de 10 % du ferronickel.

Le groupe a extrait 5,8 millions de tonnes de manganèse de ses mines au Gabon, soit une hausse de 22 % par rapport à 2019. L’ouverture d’un second site minier au Gabon depuis octobre 2020 devrait lui permettre de porter à 7 millions de tonnes sa production pour cette année. Les exportations de minerai de nickel depuis la Nouvelle-Calédonie ont, grâce à de nouvelles autorisations d'export de minerai brut, bondi de 55 % pour atteindre 2,5 millions de tonnes. Pour sa première année d’exploitation, la nouvelle mine de nickel de Weda Bay, en Indonésie, a réussi à produire 3,4 millions de tonnes de minerai. La production devrait presque doubler l’an prochain.

Les dépréciations d'actifs creusent les pertes

Cela n’a pas empêché le groupe minier de creuser ses pertes. Le résultat net part du groupe s’affiche à -675 millions d’euros en 2020, après -184 millions d’euros en 2019. Mais elles tiennent pour l’essentiel aux dépréciations d’actifs passées au premier semestre par le groupe. La mise sous cocon du projet d’extraction de lithium en Argentine, dans un contexte de baisse des prix du lithium, compte pour 113 millions d’euros. "Selon la conjoncture, nous pourrons décider de le redémarrer", maintient la PDG d’Eramet.

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La principale dépréciation d’actif concerne Aubert & Duval, avec 197 millions d’euros. Les difficultés de la filiale spécialisée dans les alliages de haute performance pour l’aéronautique et l'automobile ne datent pas de la chute brutale de l'activité aéronautique. Des problèmes de non-conformité du contrôle qualité et des retards de livraison avaient déjà largement pesé sur la rentabilité en 2019. Eramet a indiqué à l’été son intention de céder sa filiale, dont le chiffre d’affaires a reculé de 16% à 539 millions d’euros, pour une perte de 87 millions d’euros. Les discussions sont toujours en cours, alors que Safran et Airbus seraient sur les rangs. "L’aéronautique doit se consolider. C’est le bon moment pour envisager de l’adosser à un groupe industriel", pointe Christel Bories. Mais pour autant, "on ne bradera pas Aubert & Duval, on ne le cédera pas dans n’importe quelles conditions pour les salariés, pour les clients", souligne la PDG d’Eramet, qui a engagé une réduction des coûts de la filiale. Au second semestre, le spécialiste des alliages hautes performances a arrêté de brûler son cash.

Procédure de conciliation pour la SLN

Ce n’est pas la seule épine dans le pied d’Eramet. En Nouvelle-Calédonie, la SLN est depuis janvier 2021 placée sous procédure de conciliation auprès du tribunal de commerce de Nouméa. "La SLN n’est pas aux abois quant à la continuité d’activité", assure Christel Bories. "La procédure vise à obtenir rapidement l’engagement de toutes les parties prenantes pour mettre en œuvre de façon durable le plan de sauvetage", assure Christel Bories. L’activité de la SLN a été perturbée par les blocages qui secouent la Nouvelle-Calédonie depuis l’annonce, en décembre, de la vente par Vale de l’usine de Goro au consortium Prony Resources, qui inclut le géant suisse du négoce Trafigura. Les indépendantistes calédoniens, qui sont devenus majoritaires au gouvernement le 17 février, se sont fermement opposés à cette cession. Pour 2021, le groupe minier table sur une amélioration de ses perspectives. Son Ebitda est projetée à 600 millions d’euros, contre 387 millions en 2020.

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