Eramet et Suez confirment le choix de Dunkerque pour leur future usine de recyclage de batteries

Sans avoir encore pris la décision finale d'investissement, Eramet et Suez confirment ce 22 septembre que c'est bien à Dunkerque (Nord) qu'ils souhaitent construire deux usines dédiées au recyclage des batteries de véhicules électriques. La première pourrait voir le jour en 2025.

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AFP NE PAS REUTILISER Port de Dunkerque
Eramet et Suez veulent s'installer sur le (très prisé) port de Dunkerque pour une usine de recyclage de batteries.

Une étape de plus est franchie en vue de la création d'une usine de recyclage de batteries automobiles à Dunkerque (Nord). C'était dans l'air, c'est désormais officiel : Eramet et Suez affirment dans un communiqué ce 21 septembre avoir choisi le grand port maritime de la ville pour implanter un complexe industriel de recyclage des batteries de véhicules électriques lithium-ion. Un positionnement logique, au plus près de ses futurs fournisseurs (de rebuts de production notamment) et clients, puisque quatre gigafactories de batteries sont prévues dans la région : celles d'ACC à Douvrin (qui a ouvert ses portes à l'été 2023), d'Envision à Douai (prévue pour 2024), de Verkor (2025) et de ProLogium (2026) à Dunkerque – faisant de la région une véritable «vallée de la batterie».

Le feu vert définitif encore attendu

Les deux partenaires indiquent néanmoins que la décision finale d'investissement n'est pas encore prise à ce stade. Le feu vert définitif pourrait être donné fin 2023. Le calendrier prévoit l'ouverture de l'unité amont en 2025, et de l'unité aval en 2030. Car ce ne sont pas une, mais deux usines interconnectées qui seraient créées.

La première sera dédiée au démantèlement des batteries d’une capacité de 50 000 tonnes de modules de batteries par an. Soit l’équivalent de 200 000 batteries de véhicules électriques, indiquent Suez et Eramet. Cette unité démantèlera les batteries, avant de broyer mécaniquement les cellules de batterie et de trier les matériaux qu'elle contient pour produire une «black mass», sorte de pâte noire rassemblant les oxydes métalliques valorisables (le nickel, le cobalt, le manganèse et le lithium) ainsi que du graphite. La deuxième usine s'appuiera sur le procédé d'hydrométallurgie développé par Eramet pour séparer les métaux composant la «black mass» et en tirer des composants de qualité batterie.

La technique mise en oeuvre dans la future usine est en passe d'être expérimentée dans le centre de recherches d'Eramet de Trappes, dans les Yvelines. «Les performances obtenues lors du processus de développement indiquent qu’il est possible d’atteindre, voire de dépasser, les exigences de la future réglementation européenne en termes de recyclage, avec une utilisation des ressources naturelles et une empreinte carbone réduites», veulent croire les deux partenaires.

80 millions d'euros de financements sécurisés

Le directeur de la stratégie d'Eramet expliquait à L'Usine Nouvelle en janvier 2023 que l'entreprise espérait capter «autour de 10% du marché européen d’ici la fin de la décennie». Le projet, baptisé «ReLieVe», a reçu en début d'année la confirmation de 80 millions d'euros de financements à venir, provenant de l'Union européenne et de Bpifrance. Le montant total des deux phases du projet n'a pas été communiqué, ni le nombre d'emplois créés.

SA - Avec Nathan Mann

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