Malgré la sobriété budgétaire, l’Etat français a encore des moyens. Jeudi 24 octobre dans la soirée, le champion de l’uranium Orano a annoncé avoir voté en conseil d’administration une augmentation de capital à hauteur de 300 millions d’euros, entièrement souscrite par l’Etat français.
«Cet investissement de l’Etat au capital d’Orano confirme la volonté de la France de renforcer et de diversifier sa filière nucléaire pour garantir à nos concitoyens et à nos partenaires une énergie souveraine, durable et décarbonée», déclare Antoine Armand, le ministre de l’économie, des finances et de l’industrie français, dans un communiqué de presse.
Enrichissement d'uranium au tricastin
En augmentant les fonds propres de l’entreprise, l’Etat français vient «témoigner de l’engagement continu de la France en faveur de son industrie nucléaire», et «soutenir le développement d’une entreprise stratégique pour l’économie nationale», écrit l’Agence des Participations de l’Etat (APE). La structuration financière de l’opération fait que la part de l’Etat français dans le capital social d’Orano augmente peu, et passe de 90% à 90,33%. Le reste est détenu par les japonais Japan Nuclear Fuel Ltd (JNFL) et Mitsubishi Heavy Industry (MHI), qui possèdent 4,83% de l'entreprise chacun.
Depuis sa restructuration après les années Areva, Orano améliore sa situation financière. Mais le groupe affichait encore une dette de 1,5 milliard d’euros fin 2023, alors qu'il porte de nombreux projets de croissance et de diversification, que l’augmentation de capital doit faciliter. Orano et l’APE citent en premier lieu l’extension de son usine d’enrichissement d’uranium au Tricastin, qui devrait coûter 1,7 milliards d’euros et dont la première pierre a été posée le 10 octobre. Un projet stratégique, qui vise à concurrencer le russe Rosatom sur ce maillon critique de la chaîne du combustible nucléaire.

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A cela s’ajoutent de grands projets du groupe dans le recyclage de batteries électrique et la fabrication de matériaux de cathode, qu’il porte avec le chinois XTC à Dunkerque pour un total de 1,5 milliard d'euros (dont la répartition n'est pas connue). A cela s'ajoute l’industrialisation de médicaments anticancer d’un nouveau genre, développée par sa filiale Orano Med (dans laquelle Sanofi vient de miser 300 millions d'euros) pour lequel Orano prévoit d'investir 250 millions à Bessines-sur-Gartempes (Haute-Vienne).
Au-delà de la diversification, le retour à la mode du nucléaire en France repose aussi la question de la stratégie française du recyclage du combustible, dont l’outil industriel n’est pensé que jusqu’en 2040. Une nouvelle donne qui pourrait nécessiter des milliards d’euros d’investissements dans l’usine de retraitement de La Hague (Manche)… Même avec des sous, les projets ne manquent pas.



