Engie va produire du biométhane par pyrogazéification au Havre avec CMA CGM

Engie et GMA CGM ont annoncé co-investir dans le projet Salamandre. Il vise à produire du biogaz de deuxième génération par an par pyrogazéification au Havre.

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Plateforme de R&D Gaya de Pyrogazeification d'Engie
L'usine Salamandre du Havre sera 40 fois plus puissante que la plateforme technologique Gaya à Lyon, où Engie a développé sa technologie de pyrogazéification.

La décision d’investissement ne sera prise que fin 2022, le temps de finir les études et de s’assurer que le projet bénéficiera d’une aide du Fonds innovation européen. Mais l'opération devrait bien se faire. Grâce à un accord stratégique signé avec CMA CGM il y a sept mois, Engie a trouvé un partenaire pour co-investir dans sa première usine de production biogaz par pyrogazéification, dit aussi biométhane de deuxième génération. Cette unité sera installée au Havre (Seine-Maritime). Elle coûtera environ 150 millions d’euros et produira graduellement, à partir de 2026, 11 000 tonnes de méthane par an à base de déchets de bois ou de combustibles solides de récupération.

« Il y a déjà eu des démonstrateurs de pyrogazéification, mais ce sera la première réalisation mondiale d’une unité de ce type, à une échelle industrielle, conçue pour fonctionner 8 000 heures par an en continu durant vingt ans »,  précise Martin Jahan de Lestang, responsable du partenariat avec CMA CGM et du projet Salamandre chez Engie. La construction devrait prendre « entre deux ans et demi et trois ans ». Elle impliquera des partenaires avec lesquels Engie a travaillé à l’amélioration de la technologie dans sa plateforme Gaya, a l’instar du producteur de catalyseur de méthanation Enercat.

La biomasse, nerf de la guerre dans le projet

Engie travaille depuis dix ans à l’amélioration de cette technologie de production de méthane par décomposition à haute température et sans oxygène de matières sèches en différentes molécules gazeuses, contrairement à la méthanisation, ou biométhane de génération génération, exploitant la fermentation aérobie de matières humides. L’enjeu pour le projet Salamandre n’est pourtant pas principalement technique, même s’il s’agit de multiplier par 40 la puissance installée pour passer des 500 kW du démonstrateur Gaya aux 20 MW de Salamandre.

Le point critique est l’approvisionnement en biomasse. « C’est le nerf de la guerre », reconnait Martin Jahan de Lestang, pour qui « un des gros enjeux du projet est de construire, avec les acteurs de la filière bois et déchets, une filière à l’échelle industrielle ». Or, de la biomasse et des combustibles solides de récupération (CSR), tout le monde va en vouloir pour produire gaz et carburants renouvelables. GRTgaz vient d’annoncer avoir reçu 49 projets pour l’appel à manifestation d’intérêt de pyrogazéification pour injection. Il ne sera pas évident de se faire une place pour capter cette matière première si disputée.

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