Trois autres voies (que le biométhane) de production de gaz vert

Pyrogazéification, méthanation et gazéification géothermale déboulent pour sortir du gaz fossile.

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Jupiter 1000 a une capacité de production de 5 millions de kWh d’énergie sur trois ans.

La méthanisation n’est pas la seule technologie pour produire du gaz vert. Encore au stade de démonstrateurs ou de pilotes, d’autres technologies pourraient être industrialisées d’ici quatre à cinq ans en France. Elles permettraient à la France d’avoir un mix de gaz 100 % renouvelable en 2050, selon une étude de l’Ademe de 2018.

La première de ces technologies est la méthanation, ou power-to-gas, qui consiste à produire du méthane de synthèse à partir d’hydrogène produit par électrolyse de l’eau - si possible à partir d’énergies renouvelables -, et de CO2 capté sur une installation industrielle ou une unité de méthanisation. Installé à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), le démonstrateur français Jupiter 1 000 du transporteur GRTgaz a commencé à injecter le 20 février 2020 dans le réseau ses premières molécules d’hydrogène vert produites avec un électrolyseur McPhy. Il devrait injecter du méthane de synthèse cet été grâce aux technologies de capture de CO2 de Leroux & Lotz et au réacteur de méthanation d’Atmosta. Si le rendement énergétique est plutôt mauvais, cette technologie permet à la fois de capter du CO2 industriel et de stocker à long terme de l’électricité renouvelable dans les infrastructures de gaz existantes. Elle pourrait fournir jusqu’à 30 % de la consommation de gaz en 2050.

La deuxième technologie proche de l’industrialisation est la pyrogazéification, un procédé de valorisation des déchets solides décomposant la matière en différentes molécules gazeuses en les chauffant à très haute température (entre 800 et 1 500°), avec peu (ou pas) d’oxygène. En France, le principal démonstrateur, Gaya, a été installé par Engie en 2013 à Saint-Fons (Rhône). "L’excellente nouvelle c’est que Gaia fonctionne comme prévu. Il produit du méthane de bonne qualité, aujourd’hui à partir de déchets de bois, se félicite Didier Holleau, directeur général adjoint d’Engie. Et dans les deux ans qui viennent, on va voir si cela marche avec des combustibles solides de récupération (CSR)."

Valoriser des plastiques aux boues

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Cela permettrait de valoriser les plastiques non recyclables que l’on ne peut plus envoyer en Chine. La pyrogazéification peut aussi être associée à la méthanation biologique, comme GRT Gaz va la tester dans le démonstrateur TitanV à Nantes (Loire-Atlantique). Cette technologie pourrait fournir jusqu’à 40 % des besoins en gaz en 2050.

Depuis peu, GRTgaz explore une troisième voie de production de méthane injectable dans le réseau, la gazéification hydrothermale. Elle repose sur un procédé thermochimique à haute pression (250 à 300 bars) et haute température (400 à 700°C) permettant de traiter des déchets organiques liquides difficiles à valoriser, comme les boues d’épuration, les digestats de méthanisation, les effluents d’élevages ou de l’industrie agroalimentaire, tout en récupérant au passage des sels minéraux, comme de l’azote, du potassium ou du phosphore, utilisables comme fertilisants. Le CEA a construit un prototype. Les premières installations industrielles pourraient voir le jour dès 2025 en France. Elles pourraient aussi produire jusqu’à 40 % des en gaz en 2050.

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