GazelEnergie et Hy2gen vont produire des carburants de synthèse à Gardanne

L’énergéticien GazelEnergie et l’Allemand Hy2gen ont annoncé le 17 septembre un projet de 460 millions d’euros pour produire de l’hydrogène vert et des carburants de synthèse pour le maritime et l’aérien à la centrale de Gardanne-Meyreuil, qui a dû fermer son unité charbon et commencé à licencier.

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Centrale électrique charbon biomasse de Gardanne-Meyreuil de GazelEnergie
La dernière unité charbon de 600 MW de la centrale de Gardanne-Meyreuil est officiellement arrêtée depuis avril 2021.

La CGT le regrette déjà. Le nouveau projet Hynovera de GazelEnergie, annoncé le 17 septembre, n’arrêtera pas les licenciements à la centrale de Gardanne-Meyreuil (Bouches-du-Rhône), à la suite de la décision de l’État de fermer toutes ses centrales à charbon d’ici à 2022.

Pourtant, cet investissement de 460 millions d’euros, qui vise à produire de l’hydrogène vert et des carburants de synthèse pour l’aviation et le maritime avec l’Allemand Hy2gen, devrait créer 50 emplois, selon les deux partenaires industriels. Mais aucun horizon de date n’a été communiqué pour le déploiement concret de ce projet soutenu par l’État et les élus locaux. Seuls les détails techniques ont été présentés.

100 mégawatts d’électrolyse

Le projet Hynovera prévoit l’installation de 100 mégawatts d’électrolyse, et une unité de pyrogazéification, pour produire du méthane de synthèse, qui consommeront 835 000 MWh par an d’énergies renouvelables et 500 tonnes de biomasse par jour pour produire 50 000 litres par jour de SAF (sustainable aircraft fuel), 60 000 litres par jour d’e-diesel et 100 000 litres par jour d’e-méthanol, carburant alternatif au fioul lourd pour le transport maritime.

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C’est l’Allemand Hy2Gen, via sa filiale française basée à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), qui sera Hy2gen est le principal investisseur, propriétaire et opérateur de la production des carburants de synthèse. L’objectif à terme est d’alimenter en carburant décarboné le secteur de l’aviation et le secteur maritime de la région Sud, notamment les bateaux de la compagnie Corsica Ferries.

Futur IPCEI hydrogène

GazelEnergie aura en charge la production d’hydrogène vert. En revanche, l’électricité renouvelable utilisée ne sera pas produite sur place, mais acquise via un contrat d’achat long terme. « Nous avons fait des études pour du solaire sur le site, mais il y a une très grosse pression foncière dans ce secteur, et nous préférons implanter sur ce site de 80 hectares les productions les plus intenses en emploi », explique Camille Jaffrelo, la responsable de la communication et des relations institutionnelles de GazelEnergie.

Comme le prévoit le pacte de territoire signé en décembre 2020 avec le gouvernement pour accompagner la transition post-charbon, l’État cofinance les études techniques du projet. Le gouvernement a aussi retenu le projet Hynovera dans le cadre du futur IPCEI hydrogène (projet important d’intérêt européen), toujours en cours de validation à Bruxelles. "Le financement du projet sera un mélange de fonds privés, dont la majorité apportée par Hy2gen, de dette bancaire et de subventions ou prêts institutionnels, a précisé Cyril Dufau-Sansot, le DG de HY2gen France. 

Objectif 2026

En matière de calendrier, les études d’ingénierie vont démarrer avec le soutien du fonds charbon, qui a été mis en place par l’État pour "compenser" les conséquences de la décision de fermeture des centrales charbon en France en aidant l’émergence de projets alternatifs. Il est mobilisable par le préfet dans le cadre du Pacte de Territoire de Gardanne-Meyreuil. La suite  "dépendra des programmes de subventions Ademe ou européennes auxquels le projet a soumis un dossier, explique Cyril Dufau-Sansot. Compte tenu de l’ampleur du projet, une mise en opération en 2026 est envisagée."

Plan de sauvegarde de l'emploi

Selon le maire de Meyreuil, Jean-Pascal Gournès, ce projet « est le résultat d’un long travail de réflexion, réalisé sans aucun soutien financier, par un groupe informel baptisé HyNoGaMe composé d’experts, d’ingénieurs et d’élus qui n’avait qu’un seul objectif ». La CGT, en conflit avec la direction du site depuis des mois, portait un projet similaire pour maintenir les 160 emplois sur le site.

Elaboré avec le cabinet d’études Bérim, il prévoyait l’installation d’une unité de traitement du bois et de deux unités de pyrogazéification sur le site, à partir de bois de classe B (déchets) pour la production de gaz valorisable sous forme d’hydrogène, de méthane injectable dans les réseaux et de chaleur, avec 100 millions d'euros d’investissement.

Mais les négociations entre la direction de GazelEnergie et la CGT n’ont pas permis de faire aboutir ce projet. Un plan de sauvegarde de l’emploi touchant 98 postes a été présenté en mars 2021 et validé en avril. Seuls onze salariés ont pu trouver un poste sur la centrale biomasse du site, qui vient de bénéficier d’un investissement de 10 millions d’euros, mais reste à l’arrêt suite au mouvement social sur le site. Et quatre personnes ont démissionné.

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