«GreenUp, c’est l’action de verdir. De rendre compatible avec la transformation écologique ce qui ne l’est pas aujourd’hui. De passer d’un “avant” inquiétant, à un “après” rassurant. Pour tout le monde. Et pour longtemps», veut croire Estelle Brachlianoff, la directrice générale de Veolia, au siège d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), en présentant le 29 février les résultats 2023 et, surtout, le plan stratégique 2024-2027 du groupe, baptisé GreenUp.
En 2023, malgré le contexte économique difficile, Veolia a réalisé un chiffre d'affaires de 45,351 milliards d’euros en croissance organique de 9% avec un Ebitda de 6,5 milliards d’euros (+7,8%) et un résultat net courant de 1,33 milliard d’euros (+14,9%). De quoi satisfaire les actionnaires, à commencer par les salariés du groupe qui sont aujourd’hui les premiers avec 7,5% du capital. Estelle Brachlianoff a promis que leur part passerait «à 10% à brève échéance».
Après le Covid et l'absorption de Suez – digérés plus aisément que prévu – Veolia se lance dans une nouvelle phase avec le plan stratégique à trois ans GreenUp. Le groupe prévoit d’investir 4 milliards d’euros dans la croissance, principalement dans trois «boosters» : l'énergie locale décarbonante (bioénergies, efficacité énergétique des bâtiments et des usines, flexibilité électrique) dont le potentiel en Europe atteint 400 GW ; les technologies pour l’eau, pour préserver les ressources et traiter les nouveaux polluants ; le traitement des déchets dangereux.
La moitié des investissements sur les trois «boosters»
«Sur ces boosters, nous mettons les moyens, avec 50% de nos investissements et 70% de la croissance à venir pour seulement 30% de notre chiffre d’affaires d'aujourd'hui, précise la patronne du groupe. Nous visons en 2027 un Ebitda d’au moins 8 milliards d’euros. Nous ne relâchons pas nos efforts d’excellence opérationnelle, qui nous permettent de faire progresser encore plus vite le résultat net courant, à un rythme de 10% par an en moyenne sur le plan GreenUp.»

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Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
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Mars 2026
Vieux papiers, sortes ordinaires - Moyenne France-Export - 1.05 Ondulés récupérés (ex A5)Variation en €/tonne
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Février 2026
Plastiques issus des DEEE - PAMVariation en €/tonne
Les activités «socles» du groupe – déchets et gestion de l'eau – ne seront pas négligées, même si les investissements prévus sont un solde positif, ce qui signifie qu’il pourra y avoir des cessions pour investir davantage. Aucun chiffrage sur la croissance du chiffre d’affaires n'a été annoncé. En dehors des aspects financiers du plan, Veolia ambitionne d’effacer 18 millions de tonnes de CO2 (Scope 4), d’économiser 1,5 milliard de mètres cube d’eau douce et de dépolluer 10 millions de tonnes de déchets dangereux à l'horizon 2027.
En France, Estelle Brachlianoff note un engouement pour la réutilisation des eaux usées (REUS) depuis la sécheresse de 2022. «Les habitants sont venus voir les élus étonnés d’apprendre qu’on lave les rues avec de l’eau potable. Nous sommes passés de trois projets à 50 et nous visons 200 projets dans les deux prochaines années», relate la patronne. Alors que les freins administratifs ont été levés en grande partie sur les REUS, elle regrette qu’ils restent bien présents pour recouvrir des décharges fermées de panneaux photovoltaïques. Là, il faut compter quatre ans d'attente pour obtenir les autorisations administratives, regrette-t-elle.



