Veolia remporte le contrat de 4,3 milliards d’euros des eaux d’Île-de-France

Veolia a remporté le gros contrat de 4,3 milliards d’euros pour la gestion du service de l’eau en Île-de-France mais la procédure de désignation est contestée par sa rivale Suez Eau France.

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Eau du robinet
Le Sedif choisi Veolia pour la gestion du service de l’eau en Île-de-France au détriment de Suez Eau France.

C’est finalement Veolia qui a remporté le bras de fer l’opposant à Suez Eau France pour l’attribution du contrat de concession de la gestion du service public de l’eau d’Île-de-France d’un montant exceptionnel de 4,3 milliards d’euros. Le bénéficiaire a été désigné à une large majorité lors du comité syndical du Sedif (Syndicat des eaux d’Île-de-France) qui s’est tenu le 25 janvier à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne).

D’une durée de douze ans (2025-2036), ce contrat porte notamment sur l’implantation de la technologie de filtration membranaire dite d’Osmose Inverse Basse Pression dans les trois usines de traitement de l’eau du syndicat et pour laquelle ce dernier a prévu d’investir de l’ordre de 800 millions d’euros.

«Le Sedif a reçu deux belles offres. Le résultat de l’analyse des offres constate que l’offre de la société Veolia Eau - Compagnie générale des eaux présente le meilleur avantage économique global pour le Sedif au regard des critères de jugement prévus dans le règlement de consultation», a souligné André Santini, président du Sedif, avant de demander aux délégués présents d’approuver le choix de Veolia comme délégataire de service public.

270 millions d’euros d’investissements dans les installations

Selon le Sedif l’offre retenue présente plusieurs atouts. Le syndicat retient notamment que, outre la mise en œuvre d’unités de filtration membranaire, le concessionnaire s’est engagé à réaliser des investissements accrus par rapport au contrat actuel pour le maintien en excellent état du patrimoine du service, soit sur douze ans plus de 270 millions d’euros de renouvellement des équipements et de réhabilitation d’installations (hors réseau) contre environ 120 millions d’euros dans le contrat actuel. Le concessionnaire prévoit, par ailleurs, d’installer 10 000 nouveaux capteurs de fuite sur le réseau ce qui contribuerait à obtenir, sur ce dernier, un rendement supérieur à 93% à partir de 2028 inclus, au dessus du rendement actuel de 90,44%. Enfin sur le critère économie du service et tarification, déterminant pour l’attribution, le Sedif souligne l’engagement de Veolia en faveur «d’une baisse du tarif (délégataire) par rapport au prix actuel». «Aujourd’hui nous approuvons, mais je souhaite attendre la prochaine décision du Conseil d’Etat pour signer, le cas échéant, le contrat afin de ne pas avoir l’air de forcer sa décision», a toutefois précisé André Santini à l’occasion du vote.

Une procédure contestée

La procédure d’appel d’offres du Sedif fait en effet l’objet d’un recours de Suez Eau France auprès de la juridiction administrative qui doit être tranché par le Conseil d’Etat.

Le contentieux remonte à 2023. Suite à un incident informatique la société Veolia a été destinataire de documents confidentiels relatifs aux négociations de sa rivale. Après plusieurs mois de gel de la procédure le Sedif a décidé que l’attribution du contrat s’effectuerait sur la base des offres initiales reçues le 18 novembre 2022 soit avant l’incident. Le syndicat arguait du fait qu’à cette date aucune information confidentielle n’avait été divulguée ce qui plaçait les deux entreprises sur un pied d’égalité. Suez Eau France a contesté cette décision en justice. Débouté par le tribunal administratif le 29 novembre dernier, le groupe Suez s’est pourvu en cassation auprès du Conseil d’Etat.

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