Jourdain, l’unité de réutilisation des eaux usées inaugurée par Vendée Eau et Veolia en Vendée

Vendée Eau et Veolia inaugurent aux Sables d’Olonne l’unité pilote de réutilisation des eaux usées traitées (Reut) Jourdain, un concentré de technologies présenté comme unique en Europe.

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L’unité pilote de réutilisation des eaux usées traitées Jourdain
L’unité pilote des Sables d’Olonne se présente comme une première nationale pour la production d’eau potable à partir d’eaux usées traitées.

Présentée comme une première européenne, l’usine d’affinage du programme Jourdain, aux Sables d’Olonne (Vendée), est inaugurée le 16 novembre après une décennie de R&D, d'études techniques, réglementaires et environnementales. Cette usine, dont la construction a démarré en février 2022, va retraiter les eaux usées aujourd'hui rejetées en mer afin de pouvoir les réintroduire dans le milieu naturel puis alimenter ensuite les stations de pompage et de potabilisation. L’unité, initiée par le conseil départemental sous l’égide de son syndicat départemental Vendée Eau, a représenté un investissement de 23 millions d’euros, dont 7,8 millions d’euros de subventions européenne, régionale et départementale ainsi que de l'Agence de l’eau. C’est Veolia qui en a assuré la maîtrise d’ouvrage, deux autres candidats, Suez et la Saur, ayant candidaté.

Cinq étapes de traitement pour éliminer 200 molécules

Ce démonstrateur, d'une capacité de 150 m3/heure, crée donc une boucle fermée de valorisation de l’eau en capacité de traiter un quart des eaux usées de la station d'épuration voisine du Petit-Plessis, aux Sables d'Olonne. Cette dernière rejette 4,5 millions de m3 par an en mer. Les eaux passant par la nouvelle unité subiront cinq étapes de traitement : filtration, osmose inverse, ultraviolet, chloration et reminéralisation, ce qui élimine plus de 200 molécules visées par les normes françaises.

Cette combinaison est présentée comme un concentré de hautes technologies innovantes permettant d’éradiquer la pollution particulaire, les bactéries, les virus et les micropolluants, dont les pesticides ou les résidus médicamenteux afin de produire une eau de très haute qualité.

Par précaution, l’eau brute obtenue sera rejetée dans l’océan pendant un an, le temps d'être analysée et évaluée. C’est ensuite qu’elle sera acheminée via une canalisation de 27,3 km vers la retenue d’eau du Jaunay, sur la commune de Landevieille, où se situe également la station de potabilisation desservant le nord-ouest de la Vendée. A l’issue d’une période de trois ans, ce pilote aboutira à l'écriture d'une nouvelle réglementation permettant d'autoriser un modèle industriel dupliquable. «Le lancement de cette unité s’inscrit pleinement dans la planification écologique et vient ainsi conforter la pertinence du Plan Eau dont l’un des objectifs est de faire passer la réutilisation des eaux usées en France de 1% à 10% en 5ans afin de répondre aux défis de la raréfaction de la ressource en eau», dit-on chez Veolia.

Déficit d’eau

En Vendée, les 55 millions de m3 d'eau disponibles suffisent à peine à la consommation des 680 000 habitants. Le déficit en eau potable devrait atteindre 10 millions de m3 par an d'ici à 2030, ce qui représente la consommation annuelle de 150 000 Vendéens. Cette situation tient à une ressource en eau dépendant à 90% d’eau de surface (contre 30% en France), c’est-à-dire des cours d’eau. Or, ces derniers sont fragilisés par la sécheresse sur un territoire en croissance démographique, économique et devant faire face à de forts pics de consommation lors de la saison touristique, sans parler de la forte demande agricole. La Chambre régionale des comptes des Pays de la Loire a, dans des rapports récents, considéré que la gouvernance de l’eau «ne prévient pas suffisamment les conflits d’intérêts», sur certains bassins en Vendée.

Cette unité de réutilisation des eaux usées traitées (Reut) n'est que l'un des volets envisagés par Vendée Eau pour faire face au déficit de la ressource. Dans son bouquet de solutions, figure aussi une augmentation de la capacité de stockage passant notamment par le recours à d'anciennes carrières, dont celle de la Vigne sur la commune des Clouzeaux, au sud-ouest de La Roche-sur-Yon. C’est là un chantier de 16 millions d’euros. Une augmentation du transfert d’eau de la Loire pompée est aussi prévue depuis l’usine de Basse-Goulaine, au sud de Nantes, en lien avec le syndicat Atlantic’eau.

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