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[En images] Sur le chantier de la cathédrale Notre-Dame de Paris, les opérations de démontage de l'échafaudage incendié

Lundi 8 juin, le démontage de la partie incendiée de l'échafaudage de la cathédrale Notre-Dame de Paris a démarré. Dès le lendemain, les opérations de découpage des éléments les plus sensibles par des cordistes débuteront. Elles doivent durer tout l'été. 

 

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Une partie de la structure métallique installée pour la rénovation de la flèche avant l'incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019 surplombe toujours l'édifice.

Une partie de la structure métallique installée pour la rénovation de la flèche avant l'incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019 surplombe toujours l'édifice. Le cœur de cette structure de 250 tonnes, abîmée par les flammes et par l'effondrement de la flèche, est sur le point d'être démonté par les équipes du chantier, a annoncé dans un communiqué l'établissement public chargé de la reconstruction de la cathédrale.

Sous l'effet de la chaleur, un certain nombre de tubes métalliques se sont soudés entre-eux et demeurent suspendus dans le vide. C'est sur cette "grappe" qu'à partir du mardi 9 juin, les opérations de voltige vont se concentrer.

Notre-Dame Didier Cuiset
Notre-Dame Notre-Dame

(Crédit photo: Didier Cuiset)

"Deux équipes en alternance de cinq cordistes descendront au plus près des parties calcinées pour découper, à l’aide de scies sabres, les tubes métalliques fondus les uns aux autres", indique le communiqué. 

Des travaux qui doivent durer tout l'été

Avant ces travaux de haute voltige - qui devaient initialement se terminer fin juin - plusieurs opérations de renforcement ont été réalisées sur l'échafaudage incendié. Dès février 2019, trois poutres métalliques sont venues ceinturer la structure pour la consolider. Avant les mesures de confinement liées au Covid-19, un second échafaudage, dépassant de quatre mètres la partie incendiée, avait été monté. Des poutres de 28 mètres de longs ont été installées sur cette nouvelle structure, au-dessus de l'échafaudage accidenté, devant permettre aux cordistes de s'accrocher pour réaliser les opérations de découpe. Une grue de 80 mètres servira ensuite à évacuer les parties découpées.

Ces opérations en rappel doivent durer "tout l'été", indique le communiqué. "Quand on aura terminé cela, on pourra dire que la cathédrale est sauvée à 100%", confiait Monseigneur Patrick Chauvet, le recteur archiprêtre de la cathédrale en avril dernier.

"Le travail des cordistes représente sur la dépose totale de l'échafaudage environ 20%"

Deux opérations distinctes relatives au démontage de l'échafaudage incendié ont lieu sur le chantier. La première, qui concerne la partie la moins endommagée par l'incendie, venait de démarrer lorsque les mesures de confinement ont été instaurées, stoppant le chantier.

L'étage le plus haut avait quasiment été retiré par les équipes d'Europe Echafaudage. Didier Cuiset, son directeur, se confiait à l'Usine Nouvelle mi-avril : "Le travail des cordistes représente sur la dépose totale de l'échafaudage environ 20% et se concentrera sur cette "grappe" qui pend. Tout le reste se fera à la nacelle par notre entreprise, avec une grue à tour de 80 mètres louée à l'entreprise Joly, à laquelle sera accrochée des palonniers (pièce métallique suspendue à une grue et composée de plusieurs crochets, ndlr) qui vont servir à "déboîter" chaque portion d'échafaudage (…) On était en train d'enlever le premier niveau de l'échafaudage incendié (le niveau le plus haut, ndlr), il nous restait une demi-journée de travail."

Mesures sanitaires sur le chantier

Le chantier de Notre-Dame, mis en sommeil durant un mois et demi, a repris le 4 mai dernier. Des effectifs restreints, soumis à un protocole sanitaire strict, ont retrouvé la rue du Cloître Notre-Dame (Paris). Distanciation sociale entre les travailleurs, port du masque FFP2, désignation d'un responsable Covid-19,… De nouvelles contraintes sont venues s'ajouter à celles déjà complexes liées à la pollution au plomb sur le chantier. "Un véritable casse-tête", avouait Didier Cuiset à l'époque. La nouvelle base-vie installée côté Seine a notamment été agrandie de deux étages, afin de respecter une distance de sécurité entre les douches. Douches que les ouvriers doivent prendre à chaque fois qu'ils entrent ou sortent du chantier, afin de limiter la contamination au plomb. 

Si le chantier accuse désormais trois mois de retard, l'objectif d'une fin des travaux en avril 2024 est toujours d'actualité. "Nous ferons tout pour la respecter", assurait en avril dernier l'ancien chef d'état-major des armées, le général Georgellin, président de l'établissement public Notre-Dame, précisant toutefois, "cette date n'est pas celle de la fin des travaux, mais celle à laquelle la cathédrale devrait être rendue au culte catholique."

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