Transdev c’est l’Amérique ! Le chiffre d‘affaires du groupe français a explosé en 2023 après le rachat de l’américain First Transit, le 6 mars 2023. Il a augmenté de 21% à 9,3 milliards d’euros. Même sans cette acquisition majeure, sa croissance dépasse 6%.
Les Etats-Unis représentent le deuxième terrain de jeu de l’opérateur de transports publics, derrière la France (2,74 milliards d'euros de chiffre d'affaires) et devant l’Allemagne (1,42 milliard d'euros). Transdev transporte 300 millions de passagers par an aux Etats-Unis, pour un chiffre d'affaires de 2,3 milliards d’euros, soit près de 25% du total.
Les activités de First Transit aux Etats-Unis et au Canada contribuent pour près de 1,2 milliard d’euros dans le chiffre d’affaires du groupe. Au Canada (280 millions d’euros), l'acquisition de First Transit a permis de se développer dans l’Ouest du pays.
Un turn-over de 20%
Le groupe, détenu par la Caisse des dépôts (66%) et l’allemand Rethmann (34%) emploie aujourd’hui plus de 102000 collaborateurs dans le monde. «Nous devons faire face à un turn-over d’environ 20% par an depuis le Covid-19, indique Thierry Mallet, son PDG. Il n’y a pas de pays où il n’y a pas de problème de recrutement. Il manque aujourd’hui 100000 chauffeurs en Europe et 150000 vont partir à la retraite dans les prochaines années. Et ce n’est pas demain que les véhicules autonomes vont pouvoir remplacer les salariés. Pour cette raison, nous restons raisonnables sur les appels d’offre. Il n’est plus possible de promettre des gains de productivité sur le dos des collaborateurs.»
Allusion à certains concurrents «très agressifs» en Allemagne et en France, notamment lors de l’appel d’offre de Lyon perdu par Transdev. En 2023, l’entreprise a recruté plus de 30000 salariés, dont plus de 8800 en France. Elle a même anticipé les recrutements pour pouvoir répondre présent lors des Jeux Olympiques de Paris.
Résultat net dans le vert
Pour avancer dans la transition écologique et peut-être attirer de jeunes conducteurs, Transdev continue à verdir sa flotte de bus, cars, trolleys et taxis avec 2900 véhicules électriques. De quoi en réduire les émissions de gaz à effet de serre de 16% depuis 2018.
Ces investissements – 596 millions d’euros bruts, essentiellement dans la transition énergétique – n’ont pas plombé les résultats de la société. Contrairement aux autres opérateurs français, qui ont vu leur résultat net fondre et parfois passer au rouge, il est resté stable à 20 millions d’euros. Son Ebitda a progressé de 16% à 596 millions d’euros.
Quand les concurrents mettent en avant l’inflation et les coûts élevés de l’énergie, Transdev évoque «la normalisation des effets des prix de l’énergie dans les contrats et la reprise d’activités post-Covid-19», même si les grands centres urbains n’ont pas retrouvé le niveau de 2019, à commencer par l’Île-de-France (-9 à -10%).



