L’effacement, ce n’est pas uniquement pour aider à passer les pointes d’hiver. L’été aussi, le réseau électrique peut connaître des tensions, lors de canicules notamment. Entre les réacteurs nucléaires arrêtés car l’eau des cours d’eau est trop chaude pour les refroidir, les sécheresses qui pénalisent l’hydroélectricité et la consommation des climatiseurs, il peut aussi y avoir un déséquilibre entre l’offre d’électricité produite et la demande. Obligeant la France à importer de l’électricité chez ses voisins européens, allemands notamment. Une électricité encore massivement produite à base de charbon.
De l'effacement été comme hiver, pour les particuliers et les entreprises
Pourtant, l’offre Tempo d’EDF destinée aux particuliers ne cible que les pointes d’hiver. Elle permet de payer son électricité 30 % moins cher que le tarif de base 300 jours par an, 10 % moins cher 40 jours par an, mais trois fois plus cher que le tarif de base 22 jours par an, les jours « rouges » concentrés entre le 1er novembre et le 31 mars. Pour les entreprises également, l’effacement n’engage une entreprise à décaler sa consommation sur une puissance donnée définie à l’avance, que l’hiver. Avec ces deux offres, EDF a contractualisé avec ses clients 1 gigawatt d’effacement, « sur un potentiel total de 5 à 6 GW en France », explique Marc Benayoun, le directeur exécutif groupe clients, services et territoires d’EDF. C'est insuffisant.
Une offre d'effacement plus souple, basée sur une prime
Pour affronter la crise énergétique en cours et le changement climatique, EDF veut augmenter de « 20 % entre 2022 et 2023 » ses capacités d’effacement. L’opérateur a engagé une vaste campagne de communication auprès des particuliers pour promouvoir son offre Tempo et passer de 10 millions à 13 millions le nombre de foyers ayant un contrat heures pleines, heures creuses, qui incite à consommer la nuit, ou en début d’après-midi. Pour les entreprises et collectivités, « on a étoffé notre offre d’effacement aux entreprises avec un bonus effacement, moins engageant pour le client car il ne va pas s’engager à l’année sur une puissance effaçable », explique Nelly Recrosio, directrice marchés d’affaires d’EDF. L’entreprise, prévenue la veille, accepterait contre une prime de décaler une consommation. Originalité du dispositif, il fonctionnerait toute l’année. Avec ce Bonus Effacement, EDF espère gagner 200 MW de capacité supplémentaire de flexibilité pour le gestionnaire de réseau, RTE.
Une manière pour les clients d’alléger un tout petit peu la facture, qui devrait exploser en 2023. « Plus de 90 % des clients qui ne bénéficient pas du bouclier tarifaire de 15 % vont connaître, en 2023, des hausses de prix importantes. Certains, environ 10 %, verront leur facture multipliée par plus de 4, prévient Marc Benayoun. Ce sont des niveaux d’augmentation qu’on n'a jamais connus. » EDF propose aux gros consommateurs qui le peuvent de « déplacer des consommations », à l’image du Cern à Genève, alimenté par EDF, qui a accepté de prolonger une période d’arrêt technique cet hiver, pour ne relancer l’accélérateur de particules que cet été, quand l’électricité est, contractuellement, moins chère.



