EDF va devoir faire ses preuves pour obtenir la prolongation de ses réacteurs nucléaires

EDF va devoir redoubler d'efforts pour obtenir le prolongement de ses réacteurs nucléaires au-delà de 40 ans. C'est le sens d'un projet de décision dévoilé le 3 décembre par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

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Centrale nucléaire de Tricastin lors de l'arrêt de la tranche 1 pour 4e visite décennale en juin 2019
À l'intérieur de la centrale nucléaire EDF de Tricastin (Drôme et Vaucluse).

EDF attendait cet avis de longue date. Jeudi 3 décembre, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a publié son projet de décision sur le prolongement de plusieurs dizaines de réacteurs. Dans ce document, l’ASN ouvre la voie à la poursuite du fonctionnement de ces centrales. Le gendarme de la filière conditionne toutefois ce feu vert à la réalisation “d’améliorations significatives de la sûreté”. 

32 réacteurs concernés

L’annonce de l’ASN concerne 32 réacteurs nucléaires de 900 MWe. Il s’agit des plus anciennes unités en fonctionnement dans le parc français. La réglementation ne limite pas la durée de vie de ces centrales mais elles doivent tout de même subir un examen décennal. “Leur quatrième réexamen périodique revêt une importance particulière puisqu’il avait été retenu à leur conception une hypothèse de 40 années de fonctionnement”, souligne l’ASN. 

Dans son projet de décision, le gendarme français du nucléaire salue “le travail très important réalisé par EDF” et “le caractère ambitieux” de son programme de travaux sur les centrales. “À l’issue de la phase générique du réexamen, l’ASN considère que l’ensemble des dispositions prévues par EDF et celles qu’elle prescrit ouvrent la perspective d’une poursuite de fonctionnement des réacteurs”, ajoute l’ASN.

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Gros défi sur les travaux

Il est encore un peu tôt pour parler d’une bonne nouvelle pour EDF. L’ASN insiste effectivement sur l’importance du chantier pour l’électricien français. L’autorité liste des améliorations à réaliser pour protéger les réacteurs contre les agressions internes (incendies, ruptures d’équipements sous pression, inondations...) et externes (séismes, tempêtes, canicule, crues…).

Adepte des euphémismes, l’ASN décrit “l’ampleur” des travaux, “qui se dérouleront de surcroît simultanément sur plusieurs réacteurs de 900 MWe”. Un vrai défi pour le tissu industriel français qui connaît des ratés dans le nucléaire entre les retards à répétition de l’EPR de Flamanville (Manche) et les remontrances de l’ASN. 

"Un test" avant une décision sur de nouveaux réacteurs

Alors que le gouvernement étudie la question de nouveaux réacteurs, le président de l’ASN ne souhaite pas brûler les étapes. “C’est en quelque sorte un test préalable : la filière se mobilise pour qu’il y ait de nouveaux grands projets. Il faut d’abord qu’elle démontre sa capacité à réussir ce réexamen”, déclare Bernard Doroszczuk, cité dans Le Monde

Un processus réglementaire complexe devra également se poursuivre pour valider le prolongement de chaque réacteur. “La phase générique du réexamen périodique, commune à tous les réacteurs de 900 MWe, sera suivie d’une phase spécifique à chaque réacteur, qui prendra en compte ses spécificités et les résultats des contrôles réalisés”, indique l’ASN. La première décision concernera le réacteur n°1 de la centrale de Tricastin (Drôme et Vaucluse) mais elle ne devrait pas arriver avant 2022.

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