Cela doit être «la dernière répétition générale» avant la mise en service du réacteur pressurisé européen (EPR) de Flamanville (Manche). Mardi 3 octobre, le groupe EDF a annoncé le début de la phase d’essais de requalification d’ensemble (ERE) de l’installation aussi appelée Flamanville 3.
Préparée par l’énergéticien depuis plusieurs mois, l’opération mobilise 200 personnes pour une durée de dix semaines. Elle doit permettre de tester 4 000 critères de sécurité sur près de 155 systèmes liés au réacteur de 1 600 mégawatts (MW). En parallèle, le comportement d’installations critiques comme les motopompes chargés de faire circuler l’eau dans le circuit primaire ou la ventilation sera scruté. La perte en alimentation électrique sera aussi simulée.
«Nous avons déjà commencé depuis une quinzaine de jours à remplir le circuit primaire pour vérifier le bon fonctionnement des automatismes et du système d’injection de sécurité du réacteur», indique sur LinkedIn Alain Morvan, directeur du projet Flamanville 3 chez EDF. Cette installation clé permet de transférer la chaleur produite par le cœur nucléaire vers le générateur de vapeur. La température du circuit doit atteindre progressivement 303°C, pour permettre de tester les conditions normales de fonctionnement du réacteur. Dans le même temps, le système sera mis sous pression pour atteindre 155 bars.
La turbine testée à son rythme normal
Autre partie du réacteur dédiée à la production d’électricité à partir de vapeur, le circuit secondaire principal est lui en eau depuis l’été. Des tests ont déjà été effectués pour vérifier l’étanchéité du système contenant 1 000 mètres cubes d’eau. «Ceux-ci permettent de d’attester de l’étanchéité et de la résistance des soudures en pressurisant les tronçons de tuyauterie à 145 bars», écrit Alain Morvan qui précise que les essais ont démontré «la conformité du circuit en matière de sureté».
Pour EDF, il ne s’agit pas pour l’instant de produire de l’électricité. La vapeur produite ira presque exclusivement vers un condenseur qui la retransformera en eau. «Grâce à la vapeur produite dans les générateurs de vapeur, un essai de lancement turbine sera également réalisé pendant cette phase pour atteindre les 1 500 tours/minute, [sa] vitesse de fonctionnement normal», précise Alain Morvan. La turbine a été définitivement réglée en juillet par EDF et General Electric. L’énergéticien indique que des topographes ont veillé aux cotes et alignements de la pièce de 1 200 tonnes pour 70 mètres de long.
L'ASN attend pour autoriser à charger le combustible
Après un nouveau délai dû à 150 soudures non conformes sur le circuit secondaire principal du réacteur, le démarrage de l’EPR de Flamanville est prévu pour la mi-2024 avec un énième surcoût de 500 millions d’euros. En retard de 12 ans, le chantier affiche un coût total de 13,2 milliards d’euros contre 3,3 milliards prévus initialement.
EDF Les quatre groupe motopompes du circuit primaire seront testées
Si les essais techniques d’EDF s’achèvent, l’énergéticien doit toujours obtenir le feu vert à l’autorisation de mise en service qu’elle a transmise à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Sans cela, l’entreprise ne pourra pas charger du combustible dans le réacteur, comme elle le prévoit, au premier semestre 2024. L’ASN indique attendre les résultats des essais en cours pour s’assurer de la sûreté et de la conformité de l’installation.



