EDF inaugure le deuxième parc éolien en mer français à Fécamp

L’énergéticien EDF Renouvelables inaugure, ce mercredi 15 mai, le parc éolien en mer de 500 mégawatts de Fécamp (Seine-Maritime). Le parc de 71 éoliennes devient ainsi le deuxième parc commercial français inauguré. Il devrait être suivi dans les prochaines semaines par celui de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor).

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Parc éolien en mer Fécamp
Les 71 éoliennes du parc ont été fournies par l'usine Siemens Gamesa Renewable Energy (SGRE) du Havre (Seine-Maritime). L'usine normande fabriquera à horizon 2026 les éoliennes des parcs de Courseulles-sur-Mer (Calvados), Yeu – Noirmoutier (Vendée) et Dieppe – Le Tréport (Seine-Maritime).

Un deuxième parc éolien en mer pour la France. L’énergéticien EDF Renouvelables inaugure mercredi 15 mai, en présence de Roland Lescure, ministre délégué chargé de l’Industrie, le parc éolien en mer de Fécamp (Seine-Maritime). D’une capacité installée d’environ 500 mégawatts (MW), le projet de 71 éoliennes fonctionnera pendant 25 ans. Situé entre 13 et 22 kilomètres des côtes, le parc de 60 km² produirait l’équivalent de 60 % de la consommation en électricité de la Seine-Maritime – soit les besoins d’environ 750 000 personnes.

13 ans et 2 milliards d’euros plus tard

Côté budget, le parc éolien offshore de Fécamp représente un investissement global de 2 milliards d’euros, soit autant que son prédécesseur, inauguré par EDF en novembre 2022 à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Pour le financement du parc fécampois, l’énergéticien français s’est associé au promoteur allemand Skyborn Renewables et à EIH, la coentreprise canadienne de l’opérateur de pipelines Enbridge et du fonds de pension CPP Investments.

Côté calendrier, le projet a mis 13 ans à sortir de l’eau depuis le lancement de l’appel d’offres en 2011 – soit 2 ans de plus que son prédécesseur de Saint-Nazaire. Dans le détail, la construction du parc aura duré près de 4 ans, après 9 ans de débat public et de procédures. La dernière éolienne du parc avait été posée sur sa fondation fin mars.

1 600 emplois estimés pour les éoliennes et les fondations

Le développeur revendique 1 000 emplois locaux pour la fabrication des pâles, nacelles et génératrices, auxquels s’ajouteraient 600 emplois créés pour la construction des fondations. Les opérations de production, de supervision et de maintenance mobiliseront une centaine d’emplois à Fécamp, estiment les porteurs du projet.

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Aux manettes, le germano-espagnol Siemens Gamesa s'est chargé de fabriquer les éoliennes de 7 MW chacune, construites dans son usine du Havre (Seine-Maritime). Les grands mâts reposent sur 71 fondations gravitaires – des socles de béton de 5 000 tonnes chacun – construits dans l’enceinte du port du Havre par le français Bouygues Construction, l’italien Saipem et le néerlandais Boskalis. Les Chantiers de l’Atlantique, avec GE Grid Solutions et SDI, ont fourni, eux, la sous-station électrique en mer.

Bientôt 3 GW pour l'éolien en mer français

Fécamp héberge désormais le deuxième parc éolien en mer commercial inauguré en France. Sa mise en service complète devrait avoir lieu cet été. Le premier, d’une puissance de 480 MW pour 80 éoliennes, a été baptisé par EDF en novembre 2022 au large de Saint-Nazaire. Prochain sur la liste, le parc éolien en mer de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) doit être mis en service complet avant l’été. Porté par l’espagnol Iberdrola, sa dernière éolienne a été posée sur sa fondation jacket mi-décembre 2023. Sur les 62 éoliennes installées, 48 produisent de l’électricité injectée sur le réseau. Les 14 restantes attendent encore d’être raccordées au réseau RTE.

Trois autres chantiers sont également en cours, à Dieppe – Le Tréport (Seine-Maritime), Courseulles-sur-Mer (Calvados) et Yeu – Noirmoutier (Vendée). Ces trois projets devraient être inaugurés d’ici à 2026, portant la puissance totale du parc éolien en mer français à 3 gigawatts (GW). Pour mémoire, la France vise pour cette filière une capacité de production d’électricité de 18 GW d’ici à 2035. Le calendrier est donc serré, alors qu'aucune nouvelle mise en service ne devrait avoir lieu entre 2026 et 2031, à l'exception d'un parc à Dunkerque en 2028.

Un appel d'offres sur l'éolien flottant

Roland Lescure doit annoncer ce jour le lauréat du nouvel appel d'offres sur l'éolien en mer. Ce cinquième opus, « AO5 », porte sur un parc éolien de 250 MW au large de Belle-Île-en-Mer (Morbihan), qui devrait également être le parc éolien flottant commercial le plus puissant du monde. Prix envisagé par l'État : en dessous de 100 euros par mégawattheure (MWh). Bien loin des 150 à 200 euros / MWh des premiers appels d'offres français. «C'est une très bonne nouvelle pour les Français et les entreprises qui pourront bénéficier de prix compétitifs de l’électricité», se réjouit une source de l'Élysée.

La filière française de l'éolien s’inquiète, elle, de voir fondre son poids dans la chaîne de valeur des futurs parcs éoliens hexagonaux. L’appel d’offres précédent, l’AO4, remporté par EDF Renouvelables en mars 2023 pour un parc de 1 000 MW dans la Manche, avait déjà fait grincer les dents d’une partie de la filière. Prix affiché alors : 45 euros le MWh, autant que pour le parc de Dunkerque... Et trois fois moins que les 135 euros / MWh du parc de Fécamp.

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