Malgré les retards et les surcoûts, le chantier de l’EPR de Flamanville (Manche) progresse. Samedi 8 février, pour la première fois, EDF a démarré la turbine du réacteur nucléaire de troisième génération. Une étape importante dans la préparation de la mise en service du site.
Bientôt la fin des essais à chaud sur l’EPR
Le démarrage de la turbine fait partie des nombreux tests menés sur le futur réacteur. “Les équipes de l’EPR de Flamanville 3 se dirigent désormais vers la fin des essais à chaud”, se réjouit EDF.
L’électricien accueille à bras ouvert les bonnes nouvelles en ce qui concerne le chantier de Flamanville. Les travaux font plus souvent l’actualité pour les problèmes de soudures et l’accumulation de contretemps. Ces déboires ont inspiré à Jean-Martin Folz un rapport sans concession. Si bien qu’EDF a dû concocter un plan de sauvetage de la filière nucléaire française, encore récemment rappelée à l’ordre par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 2.1888+3.79
27 Mars 2026
Gazole France TTC€/litre
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
1 500 tours par minute
En quoi consiste le démarrage de la turbine ? Celle-ci a atteint de façon inédite la vitesse de 1 500 tours par minute, soit la vitesse à laquelle elle tournera lorsque la centrale sera mise en service pour approvisionner le réseau d’électricité. Selon l’entreprise, l’opération a nécessité plusieurs mois de préparation et 50 salariés d’EDF et de General Electric.
Le démarrage a été réalisé progressivement, en franchissant quatre paliers (voir vidéo ci-dessous). “À chaque palier, nous avons réalisé une phase de stabilisation puis de nombreux contrôles pour vérifier différents paramètres, comme le taux de vibration, afin de s’assurer du bon fonctionnement de ce composant de 58 mètres de long”, explique dans un communiqué Mathilde Sézanne, ingénieure d’essais turbine.
En fonctionnement normal, la turbine d’une centrale tourne grâce à de l’eau en vapeur, elle-même produite par la chaleur dégagée par la fission d’atomes d’uranium. Ici, les essais à chaud représentent la “répétition générale” avant le chargement du combustible, prévu fin 2022. EDF a donc utilisé d’autres moyens. “L’eau du circuit primaire, chauffée à 303°C grâce aux groupes motopompes primaires, et maintenue à une pression de 154 bars grâce au pressuriseur, était ainsi refroidie par le circuit secondaire afin de créer la vapeur”, indique l’électricien.
Une anomalie sur le site de Flamanville
Quelques jours avant ce test, EDF a relevé une anomalie sur le site de Flamanville, plus précisément un “événement” de niveau 1 sur l’échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques (échelle INES). “Un défaut sur une carte électronique a été détecté, indique EDF. Cette carte permet d’obtenir des informations pour surveiller le fonctionnement d’une baie du contrôle commande”. Cette carte concerne toutefois le réacteur Flamanville-1 et non l’EPR en chantier.
La carte a été remplacée en 60 heures mais “les spécificités techniques d’exploitation” exigent plutôt une réparation en 24 heures. C’est pourquoi l’événement a été déclaré en anomalie. L’écart est “sans conséquence sur la sûreté des installations”, rassure EDF.
Il n’est pas rare de constater des événements de niveau 0 ou 1 dans les centrales françaises mais mieux vaut éviter leur répétition. Fin janvier, la direction de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) a été convoquée par l’ASN à cause de dysfonctionnements récurrents sur le site.



