Rappel à l’ordre pour EDF. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a convoqué la direction de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne). Dans une note d’information publiée vendredi 7 février, le gendarme français de la filière nucléaire souligne “des dysfonctionnements” et “des déficiences” sur le site.
“Mieux identifier, afin d’y remédier, les causes organisationnelles des dysfonctionnements”
Une entrevue s’est déroulée le 27 janvier entre le directeur général de l’ASN, Olivier Gupta, et le directeur de la centrale de Golfech, Nicolas Brouzeng. “Au cours de l’audition, l’ASN a attiré l’attention du directeur de la centrale sur la nécessité de mieux identifier, afin d’y remédier, les causes organisationnelles des dysfonctionnements”, explique l’autorité.
L’ASN souhaite aussi que la direction s’assure "de la prise de conscience de la situation du site par l’ensemble des travailleurs, qu’ils soient salariés d’EDF ou prestataires, afin que les mesures correctives nécessaires soient partagées par tous les acteurs”. Quelques jours avant cette rencontre, le 23 janvier, l’ASN présentait son bilan de l’année 2019 où elle dénonçait le manque de rigueur des intervenants de la filière.

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Des problèmes relevés depuis "quelques temps"
Les problèmes du site sont connus depuis plusieurs mois, y compris chez EDF. “La centrale de Golfech connaît une érosion de ses résultats de sûreté depuis quelques temps”, reconnaît un porte-parole de l’électricien français, contacté par L’Usine Nouvelle.
En octobre 2019, le site a connu un incident de niveau deux sur une échelle de 7 (l’INES, échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques). EDF rapporte également “une augmentation de la fréquence de déclaration d’événements significatifs de sûreté de niveau 0”. De façon plus marginale, en 2016, la centrale EDF faisait également l’actualité après avoir été survolée par un drone.
Après l’incident d’octobre 2019, l’ASN a réalisé plusieurs contrôles sur le site. C’est à ce moment qu’elle constate “des déficiences dans la mise en œuvre des opérations d’exploitation des réacteurs” et “un manque de rigueur systémique dans l’enregistrement et la traçabilité des activités relatives à la maintenance des installations”.
EDF conduit un plan d’action depuis juillet 2019
De son côté, EDF assure mener depuis juillet 2019 “des actions de renforcement de la vigilance et de la rigueur”. Le porte-parole de l’entreprise décrit plusieurs mesures : des “nouveaux temps d’échanges sacralisés autour de la sûreté”, le “renforcement de la présence terrain” ou encore des “fondamentaux de travail rendus plus explicites”. C’est ce plan d’action qui a été présenté par Nicolas Brouzeng à l’ASN le 27 janvier.
L’ASN a-t-elle été convaincue par cette prestation ? La note d’information du 7 février, assez sévère, semble suggérer le contraire. L’autorité constate par exemple des analyses de risque “insuffisantes, voire inexistantes” pour ce qui est des activités présentant des enjeux pour la sûreté.
Avec deux réacteurs nucléaires de 1 300 MW, la centrale de Golfech représente près de 4,75 % de la production d’électricité nucléaire en France. Mis en service en 1991 et 1994, les deux réacteurs doivent passer prochainement des visites décennales. “La reconquête des bonnes performances de sûreté du site de Golfech s’inscrit dans le calendrier de préparation des troisièmes visites décennales qui démarreront en 2022”, assure le porte-parole d’EDF.



