Comme souvent dans l’élaboration de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), EDF a eu le dernier mot. L’électricien national a obtenu qu’une loi reporte à 2035 la réduction à 50 % de la part du nucléaire dans le mix électrique français. Il a aussi imposé son calendrier de fermeture de réacteurs nucléaires pour tenir cet objectif et obtenu du gouvernement qu’aucune centrale nucléaire ne soit fermée, hormis celle de Fessenheim (Haut-Rhin) où l’accompagnement du territoire est un véritable casse-tête.
EDF affirmant pouvoir prolonger la durée d’exploitation de tous ses réacteurs à au moins cinquante ans, la liste de ceux qui pourraient être fermés d’ici à 2035 – les plus anciens du parc de ceux de 900 mégawatts – était assez facile à deviner. On savait aussi qu’il préférait les fermer par paire, écartant les centrales ne comptant que deux réacteurs, comme Saint-Laurent-des-Eaux. Sans surprise, le texte de la PPE précise que c’est au Blayais (Gironde), à Bugey (Ain), à Chinon (Indre-et-Loire), à Cruas (Ardèche), à Dampierre (Loiret), à Gravelines (Nord) et au Tricastin (Drôme) que pourront être fermés des réacteurs. Restent deux inconnues : où seront mis à l’arrêt par anticipation deux réacteurs en 2027-2028, comme le prévoit la PPE, et où EDF n’en arrêtera qu’un seul, la liste fournie permettant d’en fermer deux de plus que nécessaire.
Pour les centrales à charbon, en revanche, EDF devra bien fermer des sites. Pour celle du Havre (Seine-Maritime), ce sera dès avril 2021, comme le prévoit le pacte territorial pour la transition écologique et industrielle, qui prévoit 420 millions d’euros d’investissements dans la région. Pour celle de Cordemais (Loire-Atlantique), c’est plus compliqué. Le 17 janvier, un pacte de territoire a été signé et prévoit jusqu’à 275 millions d’euros pour amortir la fermeture du site. Mais, des raisons de sécurité d’approvisionnement de la Bretagne obligeront la centrale à jouer les prolongations jusqu’en 2024, voire 2026, mais à seulement 10 % de sa capacité.




