Trop cher! C’est l’une des deux justifications données par EDF pour l’arrêt du projet Ecocombust à la centrale de Cordemais (Loire-Atlantique), jeudi 8 juillet dans un communiqué. Ce projet, initié en 2015, devait permettre à EDF de développer et produire un nouveau combustible à base de bois de classe B sur le site de Cordemais.
Ces "black pellets" auraient pu alimenter jusqu'à 80% la centrale, qui devait initialement fermer en 2022, pour lui permettre de continuer à fonctionner plusieurs centaines d’heures par an, au moins jusqu’en 2024, voire 2026, le temps que l’EPR de Flamanville (Manche) et la centrale combiné gaz de Landivisiau (Finistère) de TotalEnergies fonctionnent à pleine charge.
Des tests concluants
Mais le coût du projet ne "permettrait pas de garantir un prix attractif du produit final", selon EDF. Et d'ajouter que "le caractère très innovant et le manque de retour d'expérience sur ce type de produit, ainsi que l’envolée récente des prix des matières premières, ont pénalisé l’économie du projet".

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Pourtant en 2018, EDF pensait pouvoir s’approvisionner en bois de classe B et C dans un rayon de 100 kilomètres. L’énergéticien avait investi dans l’installation d’un prototype de densification de la biomasse, capable de produire une tonne par heure. Et le 1er août 2018, Cordemais avait réussi à faire tourner une chaudière plusieurs heures avec 80% de pellets et 20% de charbon.
Pas une surprise
L’autre raison invoquée est "le retrait récent du partenaire industriel" trouvé par EDF pour le traitement des effluents de l’usine de production de granulés. Ce retrait entraînant un retard dans la date de mise en service industrielle à 2024, la centrale de Cordemais n’aurait pas pu produire de l’électricité via un combustible alternatif au charbon sur la période 2022 à 2024.
Cet abandon n’est pas vraiment une surprise. En septembre 2020, un rapport de l’Autorité environnementale pointait les nombreuses incertitudes de ce projet sur le traitement des rejets, mais aussi sur les émissions, regrettant un dossier "peu disert". Il ne parlera plus.
En activité au moins jusqu'à 2024
Mais, pour des raisons de sécurité d’approvisionnement de la région ouest, la centrale de Cordemais ne sera pas fermée en 2022 comme prévu par la Loi énergie Climat de 2019. Elle « pourra être utilisée ponctuellement durant les pointes de consommation pour quelques dizaines à centaines d’heures par an au maximum », précise le gouvernement dans un communiqué. Le maximum sera de 750 heures par an, soit moins de 10% de ses capacités. « L’arrêt définitif se fera en fonction des préconisations de RTE, entre 2024 et 2026 », prévient encore le gouvernement.



