Nouveau produit, nouvelle usine. Mais pas de surprise. Au deuxième semestre 2026, le producteur irlandais de matériaux de construction Ecocem devrait commencer à produire son nouveau liant Act, destiné aux marchés du béton et des mortiers industriels, à Dunkerque (Nord). La concrétisation de plus de dix ans de R&D menée entre les équipes d’Ecocem, de l’ENS Paris-Saclay et de l’Insa Toulouse pour ce produit qui promet de réduire de 70% l’empreinte carbone moyenne du ciment, en abaissant la teneur en clinker.
L’entreprise produisait déjà des ciments dits bas-carbone grâce à de larges proportions de laitiers de hauts-fourneaux récupérés chez ArcelorMittal (actionnaire de la filiale française), dans une parcelle adjacente au sidérurgiste. En incorporant à la place du laitier 50% de calcaire, une ressource largement disponible, le produit offre des perspectives. «Il n’y a pas assez de laitier dans le monde, et la production est amenée à se réduire, d’où le développement d’une technologie qui peut être mise en œuvre avec plusieurs matériaux», indique Conor O’Riain, le directeur général d’Ecocem France et Europe.
«Une usine dans l'usine»
Mais si le produit Act est nouveau, pour son industrialisation toute la démarche d’Ecocem a consisté à éviter un saut dans l’inconnu. «Nous construisons une usine dans l’usine», illustre Olivier Guise, le directeur exécutif du groupe. La nouvelle ligne de production sera donc intégrée à l’usine originelle de Dunkerque, sur le même foncier. Ecocem jouera la carte locale et partenariale. À l’été 2023, le cimentier a conclu un accord avec le groupe CB - Carrières du Boulonnais, un exploitant de carrières implanté à Leulinghen-Bernes (Pas-de-Calais), à une soixantaine de kilomètres.
La filiale CB Green, spécialisée dans les matériaux durables pour la construction, sera fournisseur de calcaire et actionnaire de la nouvelle usine dunkerquoise d’Ecocem, sous la forme d’une coentreprise, à hauteur de 30%. De quoi sécuriser les approvisionnements qui seront nécessaires à la production de 300000 tonnes de liant par an. Quinze emplois devraient s’ajouter aux 32 postes existants.
Autre étape clé pour le lancement d’Act, l’obtention d’un avis technique, attendu cette année, afin que ce liant soit utilisé dans du béton courant. Les experts d’Ecocem travaillent en lien étroit avec le Centre scientifique et technique du bâtiment pour obtenir l’approbation. Des tests sont déjà menés avec des clients, tels que Cemex France ou Bouygues Construction. Les 50 millions d’euros d’investissements débloqués pour le projet, dont 3,6 millions au titre de Première Usine par France 2030, sont sous contrôle.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3740 - Mars 2025



