Au deuxième semestre 2026, la production du site d’Ecocem de Dunkerque (Nord) devrait passer de 700000 tonnes à 1 million de tonnes de liants à destination des marchés du béton et des mortiers industriels. «Nous construisons une nouvelle usine dans l’usine», précise Olivier Guise, le directeur exécutif du groupe, en charge de la stratégie et de la mise en service des nouvelles technologies. L’investissement s’élève à 50 millions d’euros.
Cette nouvelle ligne de production sera dédiée à Act. D’après Ecocem, ce nouveau liant permettra de réduire de 70% l’empreinte carbone du ciment. Ce liant contient environ 50% de calcaire. Le calcaire sera broyé et mélangé à des adjuvants. Avant de lancer les travaux de la nouvelle ligne dunkerquoise, Ecocem s’est vu attribuer 3,6 millions d’euros au titre de «première usine» par France 2030, sous forme d’un mélange de prêts et de subventions. 300000 tonnes de liant Act devraient être produits par an.
Les Carrières du Boulonnais comme fournisseur et actionnaire
Jusqu’alors, sur le site originel de Dunkerque, ouvert en 2018, Ecocem produisait des ciments dits «bas carbone» de type CEM/III (entre 5 et 19% de clinker, le composant de base du ciment, et au minimum 81% de laitier) et CEM VI, qui contient 33% de laitier de hauts fourneaux moulu et des fillers calcaires. ArcelorMittal, qui est actionnaire d’Ecocem France, fournit des laitiers de hauts-fourneaux.
Le principe sera reproduit pour les besoins d’Act grâce à un partenariat noué avec le groupe CB - Carrières du Boulonnais, implanté dans le Pas-de-Calais. Sa filiale CB Green, spécialisée dans les matériaux durables pour la construction, sera fournisseur de calcaire, et actionnaire de la nouvelle usine d’Ecocem sous la forme d’une joint-venture, à hauteur de 30%.
Un nouveau produit en attente d’un avis technique
Signe qu’Ecocem croit fortement en son nouveau produit, Act a nécessité 40 millions d’euros d’investissement en R&D au cours des dix dernières années de la part du producteur d’origine irlandaise de matériaux de construction (200 personnes, 229 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023). Le choix du calcaire a été effectué pour pouvoir décliner la production sur plusieurs sites industriels. «Ce matériau est disponible de façon très large dans le monde», s’enthousiasme Olivier Guise, qui entend par la suite déployer la production d’Act dans les autres sites d’Ecocem, à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), en Irlande et aux Pays-Bas.
L’un des défis d’Ecocem consiste en la normalisation de son nouveau produit. «On sort du cadre traditionnel du ciment. Nous avons des experts techniques qui travaillent avec le Centre scientifique et technique du bâtiment. L'objectif est d'obtenir des groupes de travail techniques pour faire accepter le produit Act dans des normes et standards, afin qu’il soit utilisé comme du béton courant», explique Olivier Guise. Un avis technique est attendu courant 2025 pour le marché français. Dans l’intervalle, des tests sont déjà menés avec des clients, tels que Cemex France ou Bouygues Construction.
À court terme, Ecocem devra renforcer ses effectifs à Dunkerque. Quinze nouveaux postes devraient être créés grâce à la nouvelle ligne de production, en plus des 32 emplois temps plein actuels.



