Chronique

[Drinks stories] Le gin charentais Citadelle veut rendre sa production plus locale et durable

A Ars (Charente), une nouvelle distillerie accueillera à l’automne la production du gin Citadelle. Créé en 1996, il bénéficie du boom du marché, et dispose progressivement d’aromates locaux.

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Alambics Citadelle
Neuf alambics ont été installés, depuis le mois de mars, au château de Bonbonnet, à Ars.

Déjà en forte croissance en 2019, les ventes de gin en grandes et moyennes surfaces (GMS) ont bondi, en France, de 15,8% en 2020. Une envolée qui illustre bien l’engouement pour ce spiritueux. Cela n’a pas échappé à Citadelle, qui vient de lancer Jardin d’été, sa première référence vendue en GMS. L’inauguration de sa propre distillerie, à Ars (Charente) en octobre prochain, viendra ponctuer un mouvement d’évolution de ses approvisionnements et de sa fabrication, afin de renforcer l’ancrage local de ce produit.

"Citadelle a été lancé en 1996. A l’époque, le gin n’était pas tendance", rappelle Angélique Julienne, responsable marketing de Maison Ferrand. L’entreprise (150 personnes) créée en 1989 à partir du cognac Ferrand (dix générations au compteur) a ajouté une troisième corde à son arc avec les rhums Plantation, vieillis dans l’aire de Cognac (Charente), en 1999. Pour le gin, il a fallu attendre 2017 pour constater une forte augmentation des volumes... Date à laquelle les premières graines de genévrier ont été semées.

Du genièvre ultra-local

"L’aromate principal est le genièvre. Jusqu’en 2017, nous nous approvisionnons auprès de différents fournisseurs, en Europe uniquement. Nous voulions contrôler l’ingrédient phare du gin, avoir la mainmise sur la qualité de nos productions, et disposer d’un circuit beaucoup plus court", poursuit Angélique Julienne. Bien plus court même: les parcelles sont situées à cinquante mètres du siège de Maison Ferrand, à Ars, et à 35 kilomètres du lieu de distillation.

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Aujourd’hui, 2 500 pieds sont répartis sur sept hectares, contre 200 pieds au démarrage. Cette production, qui n’est pas encore autosuffisante (l’objectif étant d’y parvenir d’ici quatre à cinq ans), devrait prochainement passer en agriculture biologique. Pour mener à bien ce projet, l’entreprise s’est appuyée sur son service interne de recherche et développement, qui a travaillé sur le croisement des espèces ou les conditions de culture - historiquement, la plante poussait bien en Charente.

"En interne, cela nous a permis d’apprendre un nouveau métier, différent de celui de la vigne. Cela permet aussi de souder les liens entre les équipes", précise Angélique Julienne.L’équipe technique s’est assurée de la mise en œuvre du projet.

Une distillerie expérimentale

Prochaine étape, l’emménagement de Citadelle dans sa propre distillerie. Jusqu’alors, l’équipe devait anticiper ses besoins annuels sur six mois de distillation. Une courte période de production liée à l’utilisation, de septembre à mars, des alambics pour le cognac, selon les règles en vigueur dans l’AOC. Avant de lancer son gin, le fondateur de Maison Ferrand, Alexandre Gabriel, avait passé cinq ans à négocier auprès des douanes pour pouvoir distiller un autre produit durant la période d’inactivité. Le local retenu se situe au siège, un château, où se trouvent les chais de vieillissement du gin.

Une ancienne distillerie, transformée en étable puis en chai, accueillera de nouveau une distillerie avec neuf alambics. "Nous voulons en faire une distillerie expérimentale. Nous utilisons aujourd’hui des alambics destinés au cognac, chauffés à flamme nue. Nous avons conscience qu’il ne s’agit pas du système le plus vert", explique Angélique Julienne. Le recours à une chauffe vapeur devrait permettre d’économiser 15% d’énergie par an. Les plans ont été conçus en interne. "Faute de pouvoir voyager durant la crise, les travaux ont avancé rapidement", à l’issue de deux ans, ajoute la responsable marketing. 

L’énergie perdue par les alambics sera utilisée pour chauffer une serre, dans laquelle Citadelle compte faire pousser des citrons et des oranges, utilisés dans la composition de ses gins. De quoi contribuer à enrichir les nombreuses éditions limitées de la marque, qui cultive son positionnement premium.

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