Pourquoi les fabricants de spiritueux attendent avec impatience la réouverture des discothèques

La consommation de spiritueux s’est repliée de 1,8% en volume, en France, en 2020. Les volumes perdus en cafés-hôtels-restaurants ne se sont que partiellement reportés vers la grande distribution.

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Verre de whisky dans un verre à cocktail
Les ventes de whisky ont plongé dans le circuit cafés-hôtels-restaurants, partiellement à l'arrêt, en 2020. La catégorie reste très forte en grande distribution.

Confinés durant une large partie de l’année, les Français n’ont pas autant cédé aux plaisirs des spiritueux que dans leur vie d'avant-crise. La consommation globale de spiritueux a baissé de 1,8% en volume en 2020 (après -1,6% en 2019).

Sans surprise, les ventes en cafés-hôtels-restaurants (CHR) ont chuté (-44,6% en valeur et -45% en volume, à 10,9 millions de litres). “Les produits consommés en journée ont moins souffert que ceux associés à une consommation de nuit, avec la fermeture des discothèques”, observe Jean-Pierre Cointreau, président de la Fédération française des spiritueux. En témoigne, en CHR, la chute des ventes en volumes de vodka (-51,7%) et de whisky (-46,4%).

“Le report escompté vers les grandes et moyennes surfaces (GMS) n’a pas eu lieu”, regrette Jean-Pierre Cointreau, qui estime à 30,6% les volumes de spiritueux du circuit CHR reporté vers la grande distribution. Les ventes en GMS n’ont augmenté que de 4,2% en volume en 2020, à 277 millions de litres, et de 6% en valeur, à 5,1 milliards d’euros. Les whiskies ont trusté l’essentiel des ventes en GMS (39,2% des ventes en volumes, +2,1%), loin devant les anisés (20,8% des volumes vendus en GMS, +1,77%) et les rhums (13,8% des volumes, +12,57%).

Les exportations à la peine

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Premier producteur européen de spiritueux, la France a vu la plupart des entreprises du secteur enregistrer une baisse de leur chiffre d’affaires : 73% d’entre elles déclarent un recul en 2020, essentiellement compris entre -10 et -30%. 43% des entreprises (250 adhérents à la fédération, dont 90% de PME) ont reporté des investissements productifs, et 72% ont eu recours à des mesures de soutien (prêts garantis par l’Etat, délais de paiement, rééchelonnement de crédits, exonération de cotisations sociales). En janvier 2021, 24% des entreprises pensaient devoir réduire leurs effectifs dans le courant de l’année.

La faute, notamment, au plus faible niveau d’exportations depuis 2009. Les exportations ont chuté de 8,4% en volume et de 19,4% en valeur en 2020. En valeur, les expéditions  en direction des Etats-Unis ont plongé de 12,7%. “Nous avons face à nous des questions géopolitiques que nous ne maîtrisons pas. Les difficultés avec les Etats-Unis, notre premier marché export, sont maintenant aplanies, mais elles peuvent se réactiver”, indique Jean-Pierre Cointreau. Les droits de douane supplémentaires de 25% s’appliquant notamment aux exportations de vins et spiritueux aux Etats-Unis ont été suspendus pour cinq ans.

Un redémarrage progressif

Pour l'année 2021, les producteurs de spiritueux entendent rester vigilants sur l’impact de la hausse du coût des transports, suite aux difficultés rencontrées sur les containers, et sur l’état de leurs réseaux de distribution. “On peut qualifier d’optimisme raisonné l’attitude des entreprises de la fédération. Le début d’année montre un réapprovisionnement progressif des différents marchés, même si les discothèques et le travel retail restent à l’arrêt, et que le CHR ne commence qu’à reprendre”, indique Jean-Pierre Cointreau. En France, les discothèques pourront, sous de nombreuses conditions, rouvrir leurs portes à partir du 9 juillet. 

Les spiritueux représentent un quart de la consommation d’alcool pur en France.

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