Ils ne sont que deux à finalement déposer une offre. Ce 23 septembre, le fonds d’investissement français PAI Partners et l’américain Clayton Dubilier & Rice (CD&R) doivent remettre leurs propositions à Sanofi pour s’emparer de la division Santé grand public du laboratoire français et sa tête de gondole, le Doliprane.
Depuis quelques mois, cette opération s’esquisse comme potentiellement majeure dans l’industrie pharmaceutique française, avec des valorisations régulièrement estimées au-dessus de 15 milliards d’euros. Aucun des deux offrants ne divulgue, à ce stade, le montant à hauteur duquel il s’engagerait. Selon une source proche du dossier, «l’Etat souhaiterait aussi voir Bpifrance autour de la table», en association avec l’un des offrants, «mais rien n’est confirmé». Lors d'une interview pour BFM Business le 23 septembre, Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, avait toutefois affirmé que Bpifrance « se prépare à se mettre avec celui » des deux acteurs « qui sera retenu par Sanofi ».
Aucune décision n’est prévue à court terme du côté de Sanofi. En octobre 2023, le laboratoire tricolore avait annoncé son désir d’une séparation de cette activité de 5,18 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023, de 11000 salariés, qui regroupe 117 marques dans les aires de la douleur, de l’allergie et de la santé digestive. Mais elle ne fait plus partie des priorités stratégiques, le groupe privilégiant l’immunologie, les maladies rares ou encore les vaccins.
Au départ, l’option privilégiée semblait être l’introduction en bourse avec le maintien d’une part significative de Sanofi au capital. Un schéma qui avait été appliqué à l’ancienne division chimique de principes actifs pour le compte de tiers, devenue EuroAPI. Les déboires financiers de l'activité depuis cette introduction en bourse en 2022 pourraient peut-être encourager Sanofi à finalement opter pour une plus franche séparation dans le dossier Santé grand public.
Sanofi ne devrait pas prendre de décision avant le quatrième trimestre 2024
Cette possible vente demeure un dossier politiquement sensible. D’abord car le Doliprane est une marque très forte en France – et nulle part ailleurs - , accessible sans ordonnance et constituant une partie intégrante essentielle des médicaments de base dans le pays, à tous âges. L’affaire est aussi sensible industriellement puisque deux usines sont concernées : celle de Compiègne, dans l’Oise et celle de Lisieux, dans le Calvados, où Sanofi a engagé en 2023 un investissement de 20 millions d’euros pour renforcer davantage les capacités de production après une augmentation des cadences depuis la crise du Covid-19. Dans un communiqué, Sanofi assure qu’ «aucune décision n’a encore été prise», qu’il continue «d’étudier des scénarios potentiels de séparation», et que toute «transaction» serait actée «au plus tôt au quatrième trimestre 2024».



