EDF prévoit la connexion au réseau électrique national du réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche) à l’été 2024, a indiqué le groupe énergétique et constructeur du site, mercredi 27 mars. Précédemment prévu en mars, le chargement des combustibles dans le réacteur ne démarrera finalement pas avant mi-avril. Ce report est dû à la décision de l’Agence de sûreté nucléaire (ASN) d’organiser une consultation publique jusqu’à cette date. Elle remettra l’autorisation de mise en service moins de trois jours après la fin de cette dernière.
Après le chargement en combustible du réacteur nucléaire, les opérations de démarrage consisteront à effectuer la montée en pression et en température de la chaudière, puis la montée en puissance du réacteur à eau pressurisée. «A 25% de puissance, l’unité de production sera connectée au réseau électrique national», précise EDF.
Douze ans de retard pour le réacteur nucléaire de Flamanville
Le calendrier d’EDF prévoyait auparavant de charger le combustible en mars 2024. «Possible, mais c'est très tendu», pointait Bernard Doroszczuk, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), en janvier. EDF devait alors encore fournir des éléments à l’ASN, à savoir la documentation permettant aux équipes d’EDF d’avoir une bonne maitrise des règles d’exploitation. L'ASN a par ailleurs précisé qu'elle achevait actuellement l'évaluation de conformité de la chaudière de l'EPR.
Face au regain d’intérêt pour l’atome en Europe, EDF ambitionne de livrer deux réacteurs par an en Europe à partir de 2030, a affirmé son PDG Luc Rémont auprès de Contexte fin mars. Le cas de Flamanville interroge néanmoins sur la capacité de l’énergéticien à industrialiser aussi rapidement sa production et sa mise en service de réacteurs nucléaires. Démarrée il y a 17 ans, la construction du réacteur normand accuse désormais un retard de 12 ans pour une ardoise de 13,2 milliards d’euros – contre 3,3 milliards d’euros dans le budget initial. L’énergéticien accuse également quatre ans de retard au Royaume-Uni, sur son chantier de la centrale nucléaire Hinkley Point.



