Dans le sillage de Naval Group, des victimes collatérales du contrat perdu de sous-marins australiens

Une vingtaine d’entreprises françaises, fournisseurs et partenaires de Naval Group, espéraient des retombées du "contrat du siècle" et avaient investi en Australie. Après le choc, ces entreprises s’interrogent sur le devenir de leurs collaborateurs concernés par l’abandon du programme.

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Naval Group Sous marin Australie
Suite à l'annulation de la commande des sous-marins australiens, le Gican (le Groupement des industries de construction et activités navales) s'est attelé à identifier les PME fragilisées.

Il n’y a pas que Naval Group qui perd gros avec l'abandon brutal du contrat d’achat de sous-marins par l’Australie, Canberra ayant finalement opté pour des sous-marins de conception américaine pour sceller sa nouvelle alliance stratégique avec Washington et Londres.

Parmi les victimes collatérales potentielles figurent une vingtaine d’entreprises françaises de la construction navale qui avaient suivi leur chef de file en Australie. Elles espéraient capter une partie du "contrat du siècle" évalué à plus de 50 milliards d’euros et promesse d’une charge de travail sur plusieurs décennies.

Angoisse, frustration et inquiétude

Parmi ces entreprises, le Gican (Groupement des industries de construction et activités navales) a décompté une dizaine de grands groupes (Thales, Safran, Segula Technologies, Air Liquide…), autant de PME (Issartel, Fiva, Ingéliance… ) et une poignée d’ETI (Jeumont Electric, Ponticelli, ECA Group…). Le groupement s’organise pour leur venir en aide. Il a déjà pris contact avec certains dirigeants concernés. "Tous ont été surpris par la brutalité de l’annonce. Ils sont à la fois choqués, déçus et inquiets, précise Philippe Missoffe, son délégué général. Il y a beaucoup d’angoisse, de frustration, d’inquiétude. Ils s’interrogent sur le devenir de leurs collaborateurs concernés par le programme. Ils veulent réfléchir la tête froide".

Parmi ceux qui ont tenté leur chance en Australie, le groupe nordiste Jeumont Electric, spécialisé dans les systèmes de propulsion. Il avait créé fin 2019 une structure industrielle avec son partenaire australien ASC pour la fourniture de prestations de maintenance. Ou encore l’ingénieriste Fiva, qui avait procédé à l’acquisition de deux bureaux d’études en Australie pour renforcer son implantation locale, pour des travaux liés aussi bien au sous-marin qu’au chantier naval basé à Adélaïde.

Identifier les PME à risque

Leur rêve australien s’est brisé avec l’annonce du revirement australien. "Au-delà de Naval Group, ce sont environ 1000 emplois au total qui devaient être créés par les entreprises partenaires", déplore le délégué général du Gican. Les PME sont les plus fragilisées dans une telle situation. Leur situation est d’autant plus complexe que certaines d’entre elles ne disposent pas encore de contrats et ne peuvent donc réclamer la moindre compensation. "Nous regardons les PME à risque suite à la rupture du contrat. Elles n’ont pas forcément la capacité des grands groupes de pouvoir réaffecter leurs collaborateurs sur d’autres activités", alerte Philippe Missoffe.

Solution la plus pragmatique, trouver de nouveaux débouchés en Australie. Les entreprises pourraient se repositionner sur les autres programmes australiens de construction de frégates, de corvettes, de chasseurs de mines... Voire sur les sous-marins à propulsion nucléaire américains choisis par Canberra au détriment de l’offre de Naval Group.

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