L’essor annoncé de la construction bois induit de nombreuses transformations sur les chantiers. A Saint-André-lez-Lille (Nord), Bouygues Bâtiment Nord-Est (870 personnes réparties à travers les Hauts-de-France, le Grand-Est et la Bourgogne Franche-Comté), filiale du deuxième groupe français de BTP, prend le sujet à bras-le-corps sur le chantier du futur siège régional de Dalkia, destiné à être livré en juin 2023. «La préparation est d’un tel chantier est pensée encore plus en amont que pour un bâtiment en béton», souligne Thierry Michaud, directeur RSE, ingénierie et transformation de Bouygues Bâtiment Nord-Est.
Pour construire ce bâtiment en structure bois (7 600 mètres carrés en R+5, et deux premiers niveaux de parking en béton, conçu par l’agence GBL Architectes), qui intègre 2 500 m² de murs à ossature bois, l’entreprise de bâtiment a envoyé une partie de ses équipes (le conducteur de chantier, un chef de chantier et une équipe de cinq compagnons) sur un chantier parisien durant plusieurs semaines. Objectif : faciliter l’appropriation des techniques constructives en bois. «Il y a une quinzaine de vis différentes», illustre Thierry Michaud.
Pour faciliter le travail des ouvriers, des visseuses à rallonge ont donc été livrées (pour se maintenir debout), tout comme des exosquelettes permettant de se hisser jusqu’à 2,50 mètres sous plancher, en plus des nacelles. Autre innovation mise en place à Saint-André-lez-Lille : des QRCode ont été mis en place sur chaque pièce, afin de mieux gérer les stocks et faire correspondre la visserie aux matériaux. Le plan d’avancement du chantier peut également être suivi. «Nous améliorons le process chantier dédié à l’assemblage», se satisfait le manager. Les données font l’objet d’un traitement automatique.
Une construction hors-site améliorée
Le choix de la construction hors-site a permis de réduire le délai de construction de 20% par rapport à un chantier traditionnel, mais nécessite de fixer davantage en amont les choix de construction et la commande des matériaux. Les menuiseries extérieures ont été assemblées, à proximité du bâtiment, directement sur les murs à ossature bois, avant qu’ils soient installés en hauteur. Les 6 200 m² de planchers en cross-laminated timber (CLT) sont, eux, arrivés aux bonnes dimensions. Ils sont en épicéa, conformément au contrat-cadre établi par Bouygues Bâtiment avec Piveteaubois en 2021. L’entreprise vendéenne fait office de fournisseur privilégié en CLT. Les poteaux et poutres (280 mètres cubes) ont également été élaborés en usine.
Pour ce chantier, la filiale Nord-Est s’est appuyée sur WeWood, le pôle bois déployé à l’échelle de Bouygues Bâtiment France Europe (9 500 personnes). «Ils nous aident aussi à intégrer les solutions bois dans les projets, là où nos ingénieurs ont d’abord une culture béton», ajoute Thierry Michaud. «Nos compagnons qui n’avaient manipulé que du béton sont satisfaits de s’engager dans de l’innovation, et sont moins fatigués à la fin de la journée. Il y a moins d’odeurs, on ne sent plus l’huile de décoffrage ou le béton», poursuit le porte-parole.
Sur le site de Quai 22, une vaste opération d’aménagement d’une ancienne friche industrielle, les équipes vont également construire un bâtiment résidentiel en bois. A terme, le groupe compte réaliser, en 2030, 30% de projets bois en France.



