D’Ariane au quantique, du nucléaire à l’hydrogène, Air Liquide investit à Grenoble pour accompagner deeptech et transition énergétique

Le groupe français Air Liquide finalise un investissement d’environ 50 millions d’euros sur son Campus Technologies Grenoble à Sassenage (Isère). Depuis 1962, Air Liquide n’a pas cessé d’étendre son plus grand site au monde qui allie développement de procédés et production de solutions et d’équipements, avec une focalisation sur la deeptech et la transition énergétique.

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Air Liquide continue de produire des réservoirs d'oxygène liquide (photo) et d'hélium liquide pour les lanceurs Ariane sur son Campus Technologies Grenoble à Sassenage (Isère).

C’est un site atypique. C’est d’abord le plus grand au monde d’Air Liquide, toutes activités confondues. Surtout, il se différencie des cinq autres campus innovation du groupe dans le monde grâce à sa particularité : aller de la conception jusqu’à l’industrialisation et la production. Implanté en périphérie immédiate de Grenoble, à Sassenage (Isère), focalisé sur les solutions pour la deeptech et la transition énergétique, le Campus Technologies Grenoble d’Air Liquide bénéficie actuellement d’un plan d’investissements de l’ordre de 50 millions d’euros sur près de cinq ans.

Le 14 octobre, le groupe y a inauguré la fin de la première phase d’extensions avec la construction de deux bâtiments administratifs, livrés en 2020, et la mise en service de deux bâtiments d’un total de 2500 m2 loués sur un site adjacent pour la production de turbomachines, d’équipements aéronautiques, et d’unités de liquéfaction d’hydrogène et d’hélium. La seconde phase du projet, pour adjoindre encore deux bâtiments et en rénover un troisième, devrait s’achever fin 2022.

Fleuron stratégique

Ce campus est le fleuron de l’activité Marchés globaux & technologies d’Air Liquide. Cette division est l’une des plus modestes à l’échelle du groupe, avec des ventes de 579 millions d’euros sur un total de 20,48 milliards d’euros en 2020. Mais elle est particulièrement stratégique. Elle développe des solutions, des équipements et des services pour la deeptech, avec des activités dans le spatial, l’aéronautique et la recherche scientifique, et aussi pour la transition énergétique, avec deux piliers axés sur le biométhane et l’hydrogène.

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Image d'illustration de l'articleAir Liquide / Pierre Jayet
Campus Technologies Grenoble d'Air Liquide à Sassenage Campus Technologies Grenoble d'Air Liquide à Sassenage (PIERRE JAYET)

Un des deux nouveaux bâtiments de bureaux livrés en 2020 sur le Campus Technologies Grenoble d'Air Liquide à Sassenage

Un tiers du budget R&D pour la transition énergétique

Ce thème de la transition énergétique est d’ailleurs l’un des piliers des efforts de R&D d’Air Liquide qui, sur 317 millions injectés au total en R&D en 2020, y a consacré "100 millions d’euros de ses dépenses d’innovation", souligne Emilie Mouren-Renouard. Membre du comité exécutif en charge de l’innovation, du digital et de l’IT, de la propriété intellectuelle, et de l’activité Marchés globaux & Technologies, elle précise aussi que dans les domaines de l’hydrogène et du biométhane, Air Liquide a «investi 600 millions d’euros ces cinq dernières années» et que le groupe s’est engagé à «investir 8 milliards d’euros dans l’hydrogène décarboné jusqu’en 2035».

De 450 à 1300 salariés depuis 2012

A propos du Campus Technologies Grenoble, Emilie Mouren-Renouard loue son "continuum entre la conception et l’industrialisation" . Ici, on ne trouve pas de recherche fondamentale mais plutôt du développement et de la production. Sur les 14 hectares du site se déploieront, à la fin du plan d’investissements en 2022, un total de 14 000 m2 de bureaux, tous en flex-office, et de 20 000 m2 d’ateliers de production. «Environ 300 personnes travaillent en production ou en support des productions», indique Benoît Hilbert, directeur général d’Air Liquide Advanced Technologies, sur un total de 1300 salariés sur le site. Leur nombre a d’ailleurs bondi en quelques années, avec des effectifs qui n’étaient que de "450 personnes en 2012", précise encore Benoît Hilbert. Lequel évoque une «croissance organique tirée par les besoins des marchés, comme celui de la transition énergétique».

Image d'illustration de l'articleAir Liquide / Laurent Lelong
Air Liquide systèmes cryogéniques Turbo-Brayton à Sassenage Air Liquide systèmes cryogéniques Turbo-Brayton à Sassenage

C'est aussi à Sassenage qu'Air Liquide produit ses systèmes cryogéniques Turbo-Brayton pour la réfrigération, liquéfaction ou reliquéfaction.

Cryogénie extrême et lanceurs Ariane

Fondé en 1962, volontairement implanté à proximité directe de laboratoires du CNRS et du CEA, le Campus Technologies Grenoble est spécialisé à l’origine dans la cryogénie extrême. Ici, la manipulation, l’utilisation et la maîtrise de gaz à des températures particulièrement basses, jusqu’à -273 degrés, est une activité éprouvée. Une des activités phares y a été la "fabrication de tous les réservoirs des lanceurs Ariane jusqu’à Ariane 5", se félicite Benoît Hilbert. Aujourd’hui, le site produit encore des réservoirs d’oxygène de l’étage supérieur du lanceur, et ceux d’hélium liquides d’Ariane 6. Dans le domaine du spatial, le campus travaille aussi sur des systèmes d’électrolyse de l’eau dans l’espace, pour produire en apesanteur de l’hydrogène, et aussi de l’oxygène pour la purification d’atmosphères cloisonnées. 

Aéronautique, ITER, quantique

Dans l’aéronautique, Air Liquide développe ici des systèmes de production et de distribution d’hydrogène pour les aéroports, ou encore des stockages d’hydrogène liquide pour les piles à combustible de futurs avions. En réalité, les solutions et productions du site sont très diverses et de hautes technologies. C’est ici qu’ont été conçus la majorité des équipements cryogéniques d’ITER à Cadarache, ou que se développent des systèmes de liquéfaction, de stockage et de distribution de fluides cryogéniques pour l’informatique quantique et pour la recherche scientifique. Air Liquide y travaille aussi dans le domaine du biométhane sur les procédés de production, purification, distribution et de liquéfaction. Sans non plus oublier le déploiement de l’hydrogène dans tous les marchés de la mobilité. Depuis près de 60 ans, ce vaste site permet ainsi à Air Liquide d’avoir toujours un œil focalisé sur l’avenir.

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