Valneva veut s'assurer que son vaccin anti-Covid-19 est sans risque pour les plus de 56 ans

La biotech franco-autrichienne Valneva a annoncé lancer un nouvel essai complémentaire pour son candidat vaccin contre le Covid-19. Il permettra de s'assurer de l'innocuité du vaccin sur les personnes de plus de 56 ans, mais aussi d'estimer l'efficacité d'un dérivé de ce vaccin adapté à un variant.

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Valneva vaccin anti-Covid-19
Valneva a rompu les négociations avec l'Union européenne en avril 2021, pour favoriser des négociation pays par pays.

Après d'excellents résultats en phase 1 et 2, cette nouvelle n'est pas la meilleure pour le vaccin anti-Covid-19 de Valneva. La biotech implantée à Saint-Herblain (Loire-Atlantique) a annoncé lancer un essai complémentaire de phase 3 pour son candidat vaccin, le 12 août 2021. Bien que le laboratoire ne précise pas les raisons de cette nouvelle étude, il indique avoir pour objectif "la génération de données d'innocuité et d'immunogénicité" chez les plus de 56 ans. En somme, un moyen de vérifier que le vaccin est sans danger pour cette tranche d'âge. Cet essai se déroulera en Nouvelle-Zélande, auprès d'environ 150 candidats. Ils seront vaccinés deux fois à 28 jours d'intervalle.

S'adapter aux variants

Une seconde cohorte de 600 personnes "âgées de plus de 12 ans" rejoindra l'étude pour des données complémentaires. L'objectif : comparer les données "du candidat vaccin dérivé d'un variant de la Covid-19" au vaccin d'origine. La souche reste encore à confirmer, précise le laboratoire.

Les résultats de cette seconde cohorte sont très importants pour la biotech, car ils permettraient de confirmer que la plateforme de Valneva est adaptable aux différents variants, si besoin. "Nous travaillons sur les variants préoccupants dans le cadre de nos efforts continus pour garder une longueur d'avance sur le virus", a indiqué Juan Carlos Jaramillo, responsable des recherches médicales, dans un communiqué.

Un vaccin concurrentiel

Si le VLA2001 (nom du vaccin) sort victorieux de ces essais et de la phase III, il a de fortes chances de se créer une place de choix dans la compétition, aux côtés de Pfizer-BioNTech et Moderna. En effet, en plus d'une plateforme vaccinale adaptable aux variants, ce vaccin a l'avantage d'utiliser une autre technologie, validée et acceptée depuis longtemps : le virus inactivé et adjuvanté.

Son principe est simple. Il consiste à tuer le virus avant de l'injecter dans le patient. Le virus inactivé et donc inoffensif aura besoin d'adjuvants pour déclencher la réaction immunitaire. Celui de Valneva est produit par l'américain Dynavax. L'ensemble du virus inactivé et de l'adjuvant permet ainsi d'entrainer ses défenses immunitaires. À ce jour Valneva est le seul acteur européen à développer un vaccin de ce type.

Cette autre technologie permettrait à beaucoup de pays de compléter leur "portefeuille vaccinal". Le Royaume-Uni a déjà signé un accord avec le groupe pour la fourniture de 100 millions de doses, si la phase 3 est positive. Du côté européen, Valneva a rompu les négociations avec la Commission européenne, voulant privilégier des discussions bilatérales, pays par pays. Reste encore à l'entreprise de valider la phase 3 et ses études complémentaires, ce qui permettrait le lancement attendu fin 2021 / début 2022 du premier vaccin français.

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